La littérature jeunesse pour fertiliser l’imaginaire de l’enfant

Il n’y a rien de plus efficace pour ouvrir les voies de l’imaginaire dans la tête d’un enfant comme la littérature jeunesse. Pour ainsi dire, il s’y sent prolongé; le monde est à la portée de ces yeux qui peignent la toile du monde au pinceau de l’enfance; ce regard qui n’a pas son égal pour philosopher le vivant, imaginer un univers de possibles comme des sucs insoupçonnés. On croit d’ailleurs que la philosophie est originaire de l’enfance; car c’est l’enfant, seul, dans cette géographie singulière qui ose interroger son espace intérieur comme extérieur sans qu’il pense, comme nous les adultes, que sa question est peut-être inconvenante, inutile, voire incommode.

     

     Les étoiles sont-elles des trous qui ouvrent notre nuit sur un monde d’or lointain? Et si on pouvait atteindre le ciel via les cordes de pluie? Quelle est cette mélodie de l’eau que chante le ruisseau?  Comment est la partition du vent? Les dessins animés habitent-ils sous terre? Le sentiment est-il un feu allumé dans la caverne de notre âme? Le jour marche-t-il quotidiennement vers la nuit et inversement pour la nuit?…

Des comment à foison, des pourquoi à l’envie, des quoi, des qui, des quand… se bousculent comme un troupeau de chevaux agités dans la tête l’enfant. Il n’y a d’ailleurs pas que la philosophie qui est originaire de là, mais la physique dans toutes ses variantes aussi, les mathématiques dans leur formulation la plus abstraite, l’astronomie; bref, il n’y a rien que l’enfant ne se sente le droit de questionner.    

    L’écrivain d’un livre, à plus forte raison d’un livre destiné aux enfants ou aux adolescents, puise dans son enfance, cet espace qui abrite le meilleur humus pour cultiver l’imaginaire, la terre infinie et fertile de toutes les verdures. Sans l’enfant incurable en nous, le monde nous serait-il seulement vivable? Serait-il aussi beau et aussi mystérieux? Pour grandir physiquement, nous montons vers la vieillesse, mais pour simplement grandir ne faut-il pas plutôt remonter dans l’enfance? Cet endroit où s’abolissent toutes les frontières, toutes nos petitesses, où être l’ami de l’Autre est une évidence, où n’importe ni la couleur ni la langue ni l’origine. 

 

Des livres qui façonnent l’imaginaire

      Des anthropologues disent que nous sommes devenus êtres sociaux probablement après la découverte du feu. Assis autour du foyer vigoureux, guettant la cuisson de la viande sur la braise, nos ancêtres découvraient la magie de l’échange, l’importance du partage; ils s’enquéraient du monde alentour, des techniques nouvelles pour chasser le gibier; ils déchiffraient les secrets que colportait l’espace-temps. En somme, ils se socialisaient, se délestaient de l’être exclusivement naturel et instinctif en eux, et s’élevaient cahin-caha vers la pensée symbolique, vers la culture, vers la réflexion d’un vivre ensemble de plus en plus élargi; vers la représentation de moult manières de leurs idées.

    C’était ainsi, le feu léchant succulemment le bois croustillant, qu’ils se racontaient leurs aventures, leurs expériences, leurs rencontres. Nos ancêtres lointains venaient dans une certaine mesure d’inventer la littérature dans ses formes premières. Ils contaient et racontaient pour instruire inconsciemment une mémoire du groupe qui allait devenir une mémoire collective que se partageront des peuples, des nations, des continents. Une mémoire d’abord de l’oralité avant qu’elle ne soit fixée dans des supports écrits pour qu’elle soit mise au service de toute l’humanité.

    Au risque de me répéter, notre maîtrise du feu a raisonné notre peur des bêtes féroces et a affûté l’être social en nous pour qui l’Autre est important, essentiel, voire un alter-ego. Et de cette première inter-humanité pour ainsi dire est venu le mythe premier, l’historiette que l’on colporte, le conte que l’on se transmet comme un héritage précieux; et puis, longtemps plus tard, les livres pour que les hommes n’oublient plus.  

     Le propos ici n’est pas tant de débattre linguistiquement ou historiquement sur la primauté de la parole ou de l’écrit, mais de dire comment le livre forge la pensée du groupe, d’une communauté, d’un peuple et d’une nation; comment le livre prédestine quelque part l’avenir des hommes et des femmes. Regardez les livres sacrés par exemple et comment ils sont instruit une humanité faite de blocs distincts! Comment serait du reste notre monde sans L’illiade d’Homère et son Odyssée;, comment serait notre imaginaire sans les Mille et une nuits dont l’imaginaire universel qui y a puisé des lampes magiques, des grottes que seules les formules abracadabrantesques peuvent ouvrir, des génies qui exhaussent les vœux les plus invraisemblables. Nos États nations d’aujourd’hui, eux-mêmes, ne peuvent totalement échapper à ce capital symbolique qui a modelé notre regard, nourri jusqu’aux plus simples sonorités notre langage, notre façon d’appréhender le monde, élevé dans nos têtes des références indéracinables…

    Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor avec leurs réflexions et leurs écrits sur l’anticolonialisme de l’homme noir ont mis au monde un concept, la Négritude en l’occurrence, qui fait la fierté de tous les hommes du monde d’origine africaine, et ce, non pas en tant qu’êtres cantonnés dans une définition obsolète et raciste de la race, mais en tant qu’êtres humains universels appelés à être les acteurs de la condition humaine:

Ne faites point de moi cet homme pour qui je n’ai que haine

Car pour me cantonner en cette unique race

Vous savez pourtant mon amour tyrannique

Vous savez que ce n’est point par haine des autres races,

Que je m’exige bêcheur de cette unique race [1].

 

    Cahier d’un retour au pays natal, de Césaire, et Histoires noires de Senghor ont leur empreinte dans la dans la prise de conscience universelle de l’homme noir.

Des livres pour enfants devenus des références pour des nations entières

    L’un des exemples les plus connus de l’impact d’un livre jeunesse sur l’imaginaire de tout un pays est celui de la bande dessinée Astérix de René Gossigny et Albert Uderzo sur l’imaginaire de tous les Français. Encore que l’histoire soit inventée de toutes pièces, même si les héros de la bande dessinée évoluent cependant dans des contextes historiques différents, la figure du Gaulois courageux, généreux et intraitable est dans la tête de chaque français. Les auteurs de l’une des plus célèbres bandes dessinées au monde étaient loin d’imaginer que les péripéties et les tribulations de leurs héros livresques allaient s’inviter jusque dans les discours politiques pour renforcer le sentiment d’appartenance à une patrie, à un pays à l’image du petit village gaulois dont les armées les plus conquérantes de la Rome antique ne pouvaient venir à bout.

 

    Pareillement, Tintin, le personnage à la célèbre houppette du dessinateur belge Hergé, est désormais indissociable d’une manière d’être et de paraitre. Le jeune reporter impose quasiment une direction à notre regard afin que ne voyions dans les Belges, quand bien même chétifs comme Tintin, que des êtres forts, intelligents, gentils, cordiaux et surtout préoccupés par la condition humaine. Tintin est un reporter, un métier qui l’amène d’aventure en aventure à nous faire découvrir le monde et à livrer une certaine image des Belges au monde! 

    Plus récemment, une littérature jeunesse élogieuse du héros surhumain, à l’instar de l’homme araignée, (Spiderman), Superman, Les Avengers, envahit les écrans du monde– et par les produits dérivés, les magasins du monde!–. Les stratèges des États puissants comme les USA comprennent que la conquête des marchés et des cœurs commence inévitablement par le cœur et la tête des enfants.

Du conte oral au livre de littérature jeunesse

     La figure de la grand-mère et du grand père chez les Berbères par exemple est étroitement liée au conte et à l’histoire délicieuse, une veillée durant, autour d’un feu qui empourpre les visages et met de l’or dans l’eau des yeux. À croire que la mémoire que l’on déroule dans de telles circonstances est la plus outillée pour atteindre le miel du souvenir. Je me souviens, enfant, alors assis autour du feu qui danse sur les murs, le conte de l’aïeul, nous était comme un tapis volant imaginaire pour scinder les eaux mémorielles des pays lointains et inatteignables, là où vivent princes et princesses; où parlent sans coup férir la bête, la roche et la fleur; où triomphent toujours la bonté, l’honnêteté, le travail, la loyauté et l’audace;  là où le mythe détrône le réel, etc.

    La maisonnée du feu de notre enfance était une école à part, une fenêtre enchanteresse qui explique le monde par l’allégorie et la métaphore. La voix de grand-père ou de grand-mère, une voix trempée dans une suave théâtralité, est le livre oral qui nous rapportait la complexité et la simplicité du monde. 

    Il y a des contes qui une fois entendus sont ancrés pour toujours sur la roche du souvenir. Qui des Berbères n’a pas eu ne serait-ce qu’entendu le conte de La vache des orphelins? Qui des Franco-canadiens n’a pas eu vent de l’histoire du Bonhomme Sept-heures qui pointe son nez dans le village aux alentours de sept heures moins le quart pour qu’à sept-heures sonnantes il vérifie dans les maisons les enfants qui ne sont pas encore couchés pour les dévorer?Deux contextes, deux espaces différents, deux histoires qui racontent symboliquement le rapport des hommes au monde.

    Chaque fois que je raconte une de ces histoires à mes élèves ou à mes enfants, l’émerveillement est toujours le même; toujours le même O majuscule sur les bouches. Le monde qui leur parvient à travers la trame qui fluctue sur la lisière improbable qui sépare le réel de l’invraisemblable leur est vivable, expérimentable, quasi-observable. Ils y immergent; ils y explorent une autre manière de regarder le monde qui, elle, est à leur portée. 

    Dès que l’histoire commence, notamment dans les mots de Ginette Anfousse[2] : «Comme il fait noir… Pas de lunes pas d’étoiles! Une vraie nuit de loup-garou, De marchand de sable, de… de BONHOMME SEPT HEURES. Comme le soir où Cloclo Tremblayl’a vu, lui, le BONHOMME SEPT HEURES. Oui, oui, Cloclo Tremblay l’a vu…», les enfants sont aux aguets, ailés aux plumes des fées, prêts pour le départ et les routes enchanteresses. Le silence est coupant, les yeux pleins d’étoiles… Il suffit d’être un tantinet dramatique, d’élever la voix ou de la baisser à d’autres endroits; d’y joindre un peu du houhou du vent, des hurlements des loups et des bruits propres à la nuit.

    Souvent, à la fin de l’histoire, je leur raconte que c’était aux temps où l’électricité n’existait pas encore. Afin que les enfants s’endorment avant sept-heures, les parents et grands parents ont l’histoire infaillible pour vite plonger leurs rejetons dans les bras de Morphée. Une histoire sur une autre pour bâtir une autre maison sur les fondations de l’imaginaire…

Quelques livres de littérature jeunesse qui fertiliseront l’imagination de votre enfant

   Des livres jeunesse intéressants, il y en a des tas, dans toutes les langues et dans toutes les cultures. Mes enfants n’oublieront jamais un livre que je leur ai lu, il y a quelques années. Il s’appelle La maladie de l’imagination, si je me souviens bien; un livre beau, bourré d’imagination, mais que je n’arrive toujours pas à retrouver sur la toile du web ni dans les bibliothèques. Pour quelle raison? Probablement, parce que sa diffusion et son tirage étaient limités; que l’édition qui l’a publié n’avait pas beaucoup de moyens ou que la réception des lecteurs n’était pas à la hauteur de la trame bien tressée. C’est un livre, le moins que je puisse dire, plus beau et mieux écrit que la plupart des livres indigestes destinés aux enfants que l’on diffuse à tambour battant. Souvent, un auteur de renom a beau écrire des mièvreries, des textes insipides, voire des conneries, son pain est fait; il est grand, diront les fans, il n’a plus à suer pour noircir du blanc!

Quelques beaux livres jeunesse 

  1. La grande fabrique de mots: Il était une fois un pays où les mots coûtent très cher. Seuls, les familles riches pouvaient parler à leur aise et dire plein de mots. C’était un luxe que de dire ce que l’on a sur le cœur. Alors, les pauvres fouillaient les poubelles dans l’espoir de trouver des mots jetés pour les recycler, les avaler et pouvoir enfin dire. Mais on n’y trouve que des mots qui ne valent pas grand-chose. Alors, lorsqu’on est amoureux et que l’on a envie de déclarer sa flamme à l’élue du cœur, forcément, les mots posent problème, surtout quand on sait qu’on a un concurrent qui peut se permettre d’acheter des paragraphes, des textes entiers… C’est un livre que l’on peut lire de multiples façons. On peut y lire la valeur inestimable de la liberté, la dangerosité de la dictature, le capitalisme sournois qui monnaye jusqu’à la parole; bref, c’est un livre que l’on n’oublie pas, que je vous conseille donc vivement.  

  1. Le mot sans lequel rien n’existe : Un oiseau blanc mystérieux trouve sur la plage un livre dont la brise tourne les pages. Alors il commence à picorer les plus beaux de ses mots pour ensuite s’envoler dans le ciel, par delà les pays. Il traverse mille et une contrées jusqu’à ce qu’il survole un pays ravagé par la guerre; les hommes meurent, les femmes sont éplorées, les enfants sont défaits, tristes, n’ont plus le cœur pour jouer. Quelques mots suffisent, pense-t-il; il en choisit les meilleures pour le pays; des mots revigorants, libérateurs, inspirateurs. Il sema quelques mots comme le mot Paix; puis il s’envola vers d’autres cieux où il découvrit un roi tyran qui se permet tout mais qui interdit tout à son peuple qui a perdu le sourire. Ici, encore une fois, il ouvre son pec et sème le mot Dignité, le mot Justice… Et il vole vers d’autres pays pour semer les encore semer des mots magiques. Mais n’y aurait-il pas un mot, un seul, qui guérirait tous les maux des hommes et des femmes?    
  1. Tyranono, une préhistoire d’intimidation : Comme quoi, l’intimidation existe depuis plus de 65 millions d’années; depuis les dinosaures. Tyranono en connaissait un bout. À l’école des dinosaures, parce que petit, il était le souffre-douleur de tous les élèves; à tel point qu’il n’aimait pas y aller, qu’il ne mangeait même pas son dîner, tant il était triste tout le temps et qu’il n’avait jamais faim. Mais en chaque être, même petit, se cache la grandeur et la hauteur. Ce livre est une leçon pour déconstruire agréablement l’intimidation dont sont victimes la plupart des enfants.
  1. La princesse qui pète : un livre drôle sur une fille qui rêve d’être une princesse, mais qui est consciente que pour y parvenir il faudrait qu’elle arrête d’abord de péter. Parce qu’une princesse ne pète pas à tous les vents; une princesse a des responsabilités; elle représente du monde, un peuple parfois; elle donne l’image d’un royaume. Alors la jeune fille imagine le stratagème imparable pour déloger le monstre dans son ventre à l’origine, pense-t-elle, de toute la pression qui cause ses pets. Une logistique entière pour venir à bout de l’intrus; du chewing-gum à la douche, du feu au dentifrice, du gribouillis… Pour tout de suite re-péter! Désespérée, elle doute qu’elle devienne un jour princesse. Quelle est la solution pour? Une histoire de fous rires avec une délivrance simple et belle.

 

  1. Cache-Lune: Timolion vient de terminer ses études pour obtenir le diplôme de chae-lune. Un métier très envié et très rare qui consiste à étirer chaque nuit un un long drap pour cacher une partie de la lumière de la lune. C’est pour ça que la lune est parfois pleine, qu’elle est juste un simple fil ou un croissant d’autres fois. C’est un travail vital, parce que les croissants de lune ainsi formés, chaque fois un peu différents, régulent le temps et les saisons. Mais, Timolion, à sa sortie avec le dimplome dans sa main, il était tellement heureux d’aller sur la lune qu’il perdit la pillule qui rend lger comme l’ai pour aller sur la lune et remplacer Zimoléon qui prendra sa retraite dans quelques jours. Timolion a seulement une nuit pour trouver une solution. Un cerf-volant? Des oiseaux? Un avion?… Et si tout le monde s’y mettait!

 

  1. L’ogre de silensonge: À Silensonge, un petit royaume tranquille, les jours sont paisibles. Un jeune garçon entre dans une garderie. Mais voila que l’enfant à l’intarissable faconde ne prononce plus un traitre mot. Que lui arrive-t-il? Le monsieur de la garderie est connu pour sa gentillesse pourtant. Papa et maman font des mains et des pieds pour qu’ils retrouvent leur garçon d’antan. Mais rien n’y fait. Le psychologue dit qu’il n’a rien; le docteur aussi. Rien de visible. Mais ce que les gens ne savent pas est que le chef de la garderie est un ogre dissimulé sous les apparences d’un homme; chaque jour, il mange un petit morceau de cœur d’un enfant et le somme de ne jamais le dire à personne, sinon il mangera aussi le papa et la maman. Alors les enfants se taisent, ne disent rien; ils ont peur. Mais c’est quoi la solution enfin? Et comment un ogre peut-il manger un morceau de cœur sans que l’enfant meure?
  1. Un bleu si bleu : une nuit, un petit garçon fait un merveilleux rêve. Il rêve d’un bleu d’une beauté incroyable. Alors, une aventure le mènera aux quatre coins du monde pour découvrir quel est ce bleu mystérieux, d’une beauté inégalable. Il arpente les villes et les déserts, l’océan et la mer pour s’apercevoir que ce bleu unique en son genre existe chez lui… oui, dans les yeux azurés de sa maman.
  2. Les bouteilles à la mer : Théo est un garçon de sept ans qui vit au bord de l’océan. Comme il n’a aucun ami, il décide de jeter des bouteilles à la mer à l’intérieur desquelles il roule des petits messages et qu’il ferme ensuite d’un bouchon de liège. Alors, il passe ses jours à attendre, l’espoir que son message revienne et qu’il se fasse enfin un ami… Mais un jour, il fait la rencontre d’une amie qui a reçu toutes ses bouteilles; une amie qui habite à quelques coudées de chez lui!

      Bien évidemment, la liste n’a pas pour but d’être exhaustive, mais simplement d’ouvrir soupçonneusement sur le monde merveilleux de la littérature jeunesse, histoire de vulgariser un tantinet ce monde auprès ne serait-ce que de quelques parents et enseignants, d’ici ou d’ailleurs, car s’il est vrai que la différence entre une société et une autre, entre un pays qui a pensé la citoyenneté pour le vivre-ensemble et un autre qui croit que les hommes et les femmes sont des élevages concentrationnaires à cantonner dans une immense prison à ciel ouvert, réside d’abord et avant tout dans l’accès des gens au livre, il est encore plus vrai de dire que c’est d’abord et avant tout dans l’accès des enfants à la littérature jeunesse, c’est-à-dire au conte, aux histoires pour enfants, aux bandes dessinées…

       J’ai parlé aujourd’hui de la littérature uniquement destinée aux enfants – peut-être parlerai-je une autre fois de la littérature jeunesse destinée pour les adolescents et autres, parce que je pense que chaque enfant a le droit à ce monde féerique pour s’instruire et se construire. Il n’y a pas mieux que la littérature jeunesse pour travailler la langue chez l’enfant, pour nourrir et élargir son espace imaginaire, pour lui faire parvenir joliment le monde qui l’environne, pour irriguer de la plus pure des eaux les belles des valeurs du vivre ensemble.

      Le livre s’adresse au cerveau. Au cœur avant tout. Le petit prince de Saint-Exupéry est l’un des livres jeunesse les plus connus dans le monde. Et il dit à juste titre que l’ : «On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux».

    Le livre pour enfants fabrique des astronautes, des citoyens qui croient au droit et au devoir, des rêveurs de pays comme des féeries que l’on partage ensemble, des gens qui pensent que le meilleur est en chaque homme et chaque femme.

       On a trouvé un bon médicament contre la bêtise humaine : prenez un livre par semaine! Je ne sais pas c’est à qui la citation, mais une chose est sûre si tout le monde lisait, on aurait sans doute pas ce monde au-dessus duquel planent tous les rapaces de l’incertitude.   

 

 

Par Louenas Hassani

 

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[1]– Aimé Césaire, Cahier d’un retour au pays natal.

[2]– Ginette Anfousse, L’hiver ou le bonhomme Sept-Heures.

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