The New York Times: La libre expression en Algérie entrain de s’éteindre

 Quelques victimes de la libre expression, parmi tant d’autres.

Mehdi Benaïssa, Nora Nedjaï et Ryad Hartouf

Mohamed Tamalt

Tahar Belabbes

Tahar Belabbes

 

 

 

 

Pendant de nombreuses années, le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, 79 ans, a supprimé la dissidence par une combinaison de subventions publiques généreuses et de répression politique. Cette formule a permis à l’Algérie d’éviter les bouleversements du printemps arabe de 2011, mais elle a également ralenti le développement économique du pays pétrolier et a freiné les aspirations démocratiques.

Il est donc encourageant que l’Algérie ait adopté des réformes constitutionnelles en mars pour progresser vers une démocratie plus ouverte. Les réformes comprenaient des garanties de liberté d’assemblée et de presse, et semblaient valoir la promesse du Président Bouteflika, selon laquelle il «n’épargnerait aucun effort pour consolider et étendre la liberté d’expression».

Mais les nouvelles garanties constitutionnelles de l’Algérie se sont révélées sans signification. Le 11 décembre, Mohamed Tamalt, journaliste britannique-algérien, est mort en détention algérienne. Arrêté en juin après avoir posté des vers sur le président algérien sur Facebook, M. Tamalt a été accusé d’avoir «offensé le président» et «diffame l’autorité publique» est de ce fait condamné à deux ans de prison. En signe de protestation, il a entamé une grève de la faim. En août, il a glissé dans le coma, mais les autorités algériennes ont refusé de le libérer. Sa mort est une tache sur le gouvernement de M. Bouteflika.

M. Tamalt n’est pas le seul journaliste qui a fait face à la colère du gouvernement cette année. En juin également, Mehdi Benaissa, directeur général de KBC news d’Algérie, et Ryad Hartouf, producteur du programme d’actualité de la chaîne, ont été placés en détention préventive pour avoir fait de fausses déclarations pour obtenir la permission de filmer le programme qui avait Diffusé une satire politique qui déplaisait au gouvernement. Ils ont ensuite été condamnés à six mois de prison.

Les activistes syndicaux ont également été visés. En mai, Tahar Belabes, membre d’un groupe représentant les chômeurs, a été accusé de participer à des «rassemblements sans armes» – le gouvernement algérien tolere les manifestations pacifiques – pour protester contre le chômage élevé. M. Belabes a ensuite été condamné à deux mois de prison.

Pendant ce temps, le gouvernement, dirigé par un cercle restreint de généraux de l’armée et d’agents du renseignement, n’a pas réussi à résoudre les problèmes chroniques de l’Algérie. Le pays reste presque entièrement dépendant du pétrole et, la capacite du gouvernement a s’acheter la paix sociale diminue drastiquement avec la diminution du baril. Peu d’efforts ont été faits pour faciliter l’investissement étranger ou pour créer des emplois pour les quatre cinquièmes des Algériens de moins de 45 ans. Ceci, et non la contestation, est le danger réel pour la stabilité, et ca contenuira a faire plus de bruit si la critique et le droit de protester continuent a etre étouffés.

Source: The New York Times. Traduit de l’anglais par RC

1 comment for “The New York Times: La libre expression en Algérie entrain de s’éteindre

  1. AZAMUL
    December 20, 2016 at 09:31

    Les médias américains doivent également s’intéresser aux rapports des responsables politiques américains avec les monarchies absolues KHARABES, pétro-dollars gros acheteurs d’armes, financiers et pourvoyeurs en idéologie terroriste WAHHABITE précurseur d’IBNTAYMIYA, ennemis des droits de l’homme, ils sont sur une même longueur avec la Corée du nord….!!! pourquoi deux poids deux mesures ?

Leave a Reply

Your email address will not be published.