La raison instrumentale doit-elle se doter d’une éthique?

 

 

   L’éthique telle qu’évoquée par Kant et les grands philosophes s’impose aujourd’hui comme nécessité vitale pour l’avenir de l’humanité.
Jamais dans toute l’histoire de l’humanité l’éthique n’a été aussi impérative et nécessaire que dans un avenir proche pour réguler la raison instrumentale. Puisqu’on s’apprête à céder toute une sphère d’activités humaines aux logiciels autonomes et  robots sensibles et intelligents. 

 

     On fait déjà des tests sur des voitures sans conducteur, on songe à organiser la circulation par des logiciels intelligents.
Cette fois,  si on met à l’écart l’éthique, les conséquences seront désastreuses; l’avenir de l’humanité sera certainement  menacé par manque de régulation et de contrôle par une moralité spécifique.
    On peut lire dans une présentation à une journée d’éthique et AI ce qui suit sur : pfia2015.inra.fr/journees-bilatérales/éthique- et-la:
“Dans le même ordre d’idée se posent tout un ensemble de questions liées à la conservation de ces données et le droit à l’oubli. Sur un autre ordre d’idées, les questions de responsabilité, de décision doivent être repensées face aux développements de l’autonomie de décision et des champs d’action d’agents logiciels, humains ou robotiques. Cette propriété fondamentale est devenue une caractéristique essentielle de nombreuses applications d’intelligence artificielle qui participent à la numérisation de notre société (commerce électronique, jeux interactifs, intelligence ambiante, assistance aux personnes, robotique sociale ou collective, robotique civile, etc.). Dans un tel contexte, la question d’une régulation ou d’un contrôle éthique des agents logiciels ou robotiques ainsi que des systèmes constitués d’humains et d’agents autonomes se pose actuellement de manière prégnante. Ces questions sont par nature transverses à de multiples disciplines. En lien avec le projet ETHICAA, nous organisons cette Journée Éthique et Intelligence Artificielle avec pour vocation de croiser les questionnements et les approches, et de créer une communauté de réflexion sur ces sujets.”
Un exemple démontre bien qu’il est plus que nécessaire d’alimenter la programmation d’une éthique artificielle, Tiré d’un article je France 24 : L’actualité internationale 24h / 2 PAR Marine BENOÎT 16 JUIN 2016: ” Ce droïde vient peut-être de nous prouver qu’une future rébellion des robots est d’ores et déjà en train de s’organiser. La scène quelque peu surréaliste – du moins pour notre époque – s’est déroulée dans la ville de Perm, aux portes de l’Oural, en Russie. Un petit robot dénommé Promobot est parvenu à s’échapper du laboratoire dans lequel il était testé et a erré dans la rue, pendant près d’une heure, avant que ses batteries ne s’épuisent. L’engin humanoïde, installé en plein milieu de la route, aurait même bloqué le trafic et provoqué un embouteillage, avant qu’un homme ne le déplace de quelques mètres. L’ingénieur qui était en train de travailler sur le robot aurait oublié de fermer la porte du laboratoire, rapporte l’édition locale du journal russe Argumenty…”
        Faut-il alors apprendre aux robots une éthique spécifique? Faut-Il penser à une éthique robotique? De là découle l’idée d’agent logiciel capable de gérer la société humaine? Peut-on s’en passer définitivement du mal nécessaire d’aujourd’hui qu’est la démocratie si on arrive à mettre sur pied une intelligence artificielle   saine d’esprit?

 

Par Idriss Rajouh ( Professeur en philosophie) 

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