L’Algérie pays des Amazigh

From: Kebdi Rabah

Le tombeau de Massinissa (Masnsen ) dit Soumaa El Khroub.

Fut le premier roi de Numidie. Jeune, il a combattu pendant la deuxième guerre punique (218-201 avant JC), d’abord contre les Romains comme un allié de Carthage et plus tard changera de camp. Avec le soutien romain, il a uni les tribus numides orientales et occidentales pour fonder  le royaume de Numidie. Il est plus célèbre pour son rôle d’allié romain dans la bataille de Zama et comme époux de Sophonisbe, une noblesse carthaginoise qu’il a aidé à s’empoisonner pour lui éviter d’être  défilée dans un triomphe à Rome.

L’Algérie, portion de territoire de la rive sud de la méditerrané, fait partie de ce vaste ensemble qu’était la Numidie. Même si son nom actuel ne remonte officiellement qu’à 1839, suite à une décision administrative de l’autorité occupante qu’était la France, il constitue selon certaines sources le prolongement de « Djazaïr » lui-même dérivé de « thiziri », claire de lune en tamazighth.  C’est, depuis l’antiquité, le pays des Amazigh « hommes libres » que la dernière colonisation a confiné dans les frontières de l’empire Français avant qu’il ne lui soit  arraché, par les armes et par le sang après 132 ans  d’occupation.

Cet intermède est lui- même une tranche d’une histoire qui se perd dans la nuit des temps, riche en bouleversements de toutes sortes mais dont les deux derniers millénaires ont été particulièrement marqués par une succession d’envahissements. Mais quelle que soit la motivation des « visiteurs », conquête religieuse, mission civilisatrice ou colonisation de peuplement, le plus remarquable est de constater que cette patrie a toujours su opposer aux uns et aux autres la réponse adéquate pour pouvoir demeurer dans son authenticité, après en avoir intégré quelques-uns, désintégré certains et chassé d’autres.

Parvenant toujours à survivre en s’appuyant sur un « SMIG mémoriel », elle a su tirer profit des conflagrations inter-envahisseurs, jusqu’à ce qu’elle ait pu s’occuper elle-même du dernier d’entre eux. C’est ce long cheminement à travers l’histoire, notamment le dernier combat pour l’indépendance, qu’elle a mené en toute autonomie, qui lui donne aujourd’hui le droit de s’appartenir entièrement, sans ressentir le besoin de s’adosser à quiconque, de s’inféoder ou prêter allégeance à qui que ce soit. C’est aussi ce qui lui donne le droit de s’attabler avec les nations du monde, de traiter d’égal à égal avec elles, de nouer des relations dans le strict respect de la souveraineté de chacune et des avantages mutuels.

Si certains regroupements régionaux ou autres apparaissent aujourd’hui nécessaires, compte tenu du contexte d’une mondialisation acharnée à soumettre et réduire les maillons les plus faibles, ils ne doivent d’être envisagés que tant qu’ils souscrivent à l’adage selon lequel : l’union fait la force. Mais aussi, qu’ils ne portent pas atteinte à la construction de cet ensemble cohérent qu’est la nation, à commencer par la reconnaissance de tous les attributs que lui reconnaît la communauté internationale à savoir : Territoire, peuple, souveraineté. Tout regroupement ne saurait donc se concevoir que sous cet impératif, sous-entendu que la consolidation des liens avec des partenaires potentiels n’est qu’un moyen pour se défendre au mieux face à l’adversité. Dans cette logique, l’unité nationale autour du mot d’ordre fédérateur « l’Algérie avant tout » est primordial et ne saurait s’accommoder d’une concurrence quelconque, particulièrement lorsque celle-ci renvoie à des attendus relevant d’un communautarisme cosmopolite d’obédience supranationale.

En mettant un terme à une colonisation de peuplement, fait rare dans l’histoire, l’Algérie a la chance de disposer de l’expérience d’un Combat libérateur unique, qui a façonné le socle de l’entité nationale, lui a légué les atouts historiques nécessaires pour la prémunir contre toutes dérives sectaires et autres, susceptibles de fissurer cet édifice. Il est dès lors désolant de constater, aujourd’hui, que ce pays qui s’est construit dans la tradition d’évolution des grands ensembles sociologiques homogènes, qui a tiré sa force de sa faculté d’adaptation aux multiples épreuves qu’il eut à subir des siècles durant, se voit, contrarié dans sa continuité historique, remise en cause par une vision surannée fondée sur la  recherche d’un idéal dont les critères d’appréciation se réfèrent à des “considérants” transnationaux, d’ordre communautariste au sens religieux du terme, substituant « l’oumma » à la nation en reléguant au second plan toutes les valeurs et symboles qui traditionnellement se greffent sur le corpus  national ».

Plus que les attributs traditionnels du sous-développement, cette mue d’une partie des Algériens, sous l’effet d’une action d’envergure de colonisation des mentalités, prônée par des courants salafistes/wahhabite notamment, sera certainement l’un des gaps les plus pernicieux à surmonter quant à la construction d’un État-nation car : si le développement économique peut aisément s’envisager sous l’effet de la dynamique de l’investissement et de la production de biens, il en est autrement dès qu’il s’agit de celui des mentalités dont l’évolution obéit à des critères autrement plus complexes. Ne dit-on pas qu’il est plus difficile de changer une mentalité que de  cours à un fleuve !

Curieusement cette dilution progressive des repères traditionnellement liés aux notions de Nation ou/et de patrie s’emboite admirablement avec les axiomes tels que prônés par les adeptes les plus acharnés de la mondialisation. Il y a là comme une convergence d’intérêts entre les deux conquérants que sont les « mondialistes » et les « panislamistes ». Leurs offensives, économiques pour les uns et prosélytes pour les autres, se résument en la pénétration et le noyautage des communautés nationales, leur extraversion pour les amener à servir des intérêts autres que nationaux, situés ailleurs, dans une sphère extraterritoriale relevant entre autres de la haute Finance Internationale.

Ainsi l’accaparement des richesses et l’assujettissement des âmes s’en trouvent à relever de deux programmations similaires. Les deux objectifs n’étant pas antinomiques mais complémentaires, il est aisé de constater que c’est l’argent de la première qui sert à financer les visées de la seconde. En déplaçant ainsi le curseur vers des “considérants” transcendant les frontières nationales, ce prosélytisme pan-islamiste  fait le jeu des multinationales, leur facilite la tâche en cassant ou en amenuisant l’ensemble des barrières traditionnellement protectrices des économies nationales. Il y a là comme une singularité confirmative qui se vérifie entre autres par leur engouement pour les économies de bazar,prolongement naturel de l’ouverture des frontières pour toutes sortes de produits dont l’utilité socioéconomique n’est pas toujours évidente.

Pour des mentalités qui considèrent la rente comme un don de Dieu offerte à des peuples élus, le travail productif ne peut qu’être l’apanage d’une catégorie sociale amoindrie. Or c’est dans ce schéma que s’inscrit précisément la stratégie des multinationales laquelle vise à faire des détenteurs de matières premières des consommateurs rentiers qu’elles dépouillent de leur sous-sol en leur fourguant en contrepartie des produits manufacturés dont une bonne partie sous forme de pacotille.

S’il est nécessaire d’un dessin pour comprendre ce lien quasi ombilical entre deux mouvements globalisant, le panislamisme intégriste et le mondialisme impérialiste, il suffirait d’observer ce qui se passe dans les pays ayant gouté aux fruits du fameux printemps arabe. « Printemps » suscité sous prétexte d’instaurer la démocratie par des puissances qui n’ont pas hésité, par ailleurs, à mettre fin à quelques expériences démocratiques lorsque leurs intérêts nationaux étaient menacés. Ce furent notamment les cas des expériences Chilienne sous la présidence d’Allende et   Iranienne sous Mossadegh pour ne citer que ceux-là.

L’occident a cassé l’Irak, la Libye et l’aurait fait pour la Syrie si ce n’est le soutien de la Russie et de l’Iran. Cela s’est fait avec le soutien actif de puissances connues pour leur conception archaïque de l’Islam et son exportation vers les contrées à déstabiliser.L’occident impérialiste soutient la démocratie chez lui mais l’a combattu ailleurs par ce qu’elle l’empêche d’étendre son hégémonisme par le fait que s’il peut apprivoiser facilement un dictateur il ne peut le faire avec un peuple libre et conscient. Il y a là aussi, dans l’attitude face à la démocratie, comme une similitude avec les islamistes pour qui la démocratie est « kofr » car pour eux la source du pouvoir est strictement divine et ne saurait s’accommoder de l’existence d’une quelconque souveraineté populaire.

On retrouve donc le même ennemi pour deux hégémonies et il est logique qu’ils unissent leurs efforts dans le même mouvement de globalisation. Mais cette alliance n’est que circonstancielle car à terme chacun fera en sorte à phagocyter l’autre, ce que certains n’hésiteront pas à endosser au choc des civilisations si cher à Samuel Huntington.

Kebdi Rabah

2 comments for “L’Algérie pays des Amazigh

  1. alhif-n-wen.
    February 18, 2017 at 08:32

    APPEL AUX INTELLECTUELS ET A L’ELITE AMAZIGHE
    Depuis la création de la « LIGUE ARABE » durant les années quarante, par un chrétien libanais le guitariste MICHEL AFLAQ, (qui n’est même un arabe de souche) Le sous continent AFRIQUE DU NORD s’appel désormais
    « MAGHREB ARABE » (MACHREK ARABE + MAGHREB ARABE = NATION ARABE).
    En emboitant le pas aux partisans de la nation ARABE, la France officielle à donné à cette dénomination (raciste, xénophobe et ethnocidaire)
    Une dimension diplomatique (voir le concept de la politique Arabe de la France).

    Mon appel pour l’élite AMAZIGH consiste à interpeller les médias, les officiels de tous les Etats et les Organisations internationales, sur la nécessité d’appeler cette partie de l’Afrique: « AFRIQUE DU NORD » et non « MAGHREB ARABE », qui est une insulte et un dénigrement pour les peuples autochtones, d’autant plus que le premier mouvement crée en 1926, ayant revendiqué l’indépendance de cette partie de l’Afrique s’appel « L’ETOILE NORD AFRICAINE »

    L’exemple le plus frappant est celui des pays de l’Amérique latine ou la majeure partie des populations parle ESPAGNOLE, ceci n’a jamais poussé ces habitants à se revendiquer d’une quelconque nation Espagnole, il en est de même pour les Espagnoles qui n’ont jamais parlé de nation Espagnole.

    A cet occasion, nous recommandons vivement et en urgence aux « hommes libres » de BGAYET de rebaptiser le stade de BGAYET au nom de
    « L’Etoile Nord Africaine » et effacer cette appellation raciste, xénophobe et ethnocidaire qu’est ” stade de l’Unité du MAKHREB ARABE”

    Enfin je termine sur une phrase prononcée par KATEB Yacine en 1981, je cite « l’Afrique à perdue le nord » en parallèle à l’Afrique du Sud.
    N.B. / Les médias et les officiels des Etats Unis d’Amérique utilisent souvent le nom « NORTH AFRICA » contrairement aux officiels et médias français.

  2. Kaci
    February 18, 2017 at 10:54

    Devenue une republqiue arabe bananiere! Ou sont ces Imazighen ? Ils se sont mutes en Arabes!!! Que la Kabylie sauve la face tant que c’est toujours possible

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