Le berbère l’autochtone, unwanted, dead or alive

Désormais, mort ou vivant, le berbère l’autochtone, est indésirable en Afrique du nord. Il représente comme les kurdes, les assyriens, les coptes et les nubiens, un regrettable point de discontinuité dans la vastitude de l’empire arabo-islamique fabriqué de toutes pieces et, que le ciment, purement idéologique, preparé par de piètres maçons, n’arrive pas à coller ensemble.

Dans l’acte terroriste commis par un suprématiste canadien, le 29 janvier 2017, contre une mosquée au Québec, on dénombrait 6 morts dont 2 algériens, 2 guinéens, un tunisien et un marocain, ainsi que plusieurs blessés. Toutes les victimes ont à la fois la nationalité canadienne et celles de leurs pays d’origine respectifs. Si les âmes des 4 (autres) victimes ont rejoint leur créateur selon les procédures conventionnelles, dans le deuil qui leur est dû, les 2 victimes algériennes de par leur appartenance à un peuple qui se revendique, ont suscité un triple conflit, à la fois politique, religieux et identitaire. Leurs âmes qui se sont séparé du corps ont atteint le firmament, tandis que leurs dépouilles sont prises en otage, ici-bas, sur terre, par des idéologues qui s’en servent pour leurs desseins terrestres.

Avec la notion de nationalité multiple, le choix du drapeau peut s’averer un problème 

Si les 4 (autres) victimes ont reçu le rituel funèbre sans histoire de drapeau et sans excès de commentaires, les 2 victimes algériennes, par contre,  ont fait beaucoup parler d’elles.
Le problème numéro 1 : Comme les 2 victimes sont de nationalité algéro-canadienne, de quel(s) drapeau(x) fallait-il couvrir le cercueil parmi les 4 envisageables : Le drapeau algérien, le drapeau canadien, le drapeau québécois ou le drapeau amazigh ? Ce dernier ne jouit pas d’une reconnaissance diplomatique, mais il représente le côté affectif des victimes, qui de leur vivant tenaient à leur berbérité. .Tout compte fait, au temps du prophète, ce problème de drapeau n’aurait pas eu raison d’être. Dans cette tragédie, il était convenu que les cercueils ne soient recouverts d’aucun drapeau, mais le lendemain on rentre dans la salle funèbre et on trouve que les cercueils sont couverts du drapeau algérien, disait dans une vidéo le docteur Racid at Ali uQassi. Tout compte fait, le drapeau algérien né dans la violence et un « million et demi » de martyres, semble avoir été plus agressif que celui d’une indépendance facile du Canada, de la révolution tranquille québécoise et celle à « zéro- mort-à- sens-unique » du mouvement berbériste.
Si on veut pousser la spécificité encore plus loin, on peut créer un autre petit conflit berbéro-kabyle, avec les indépendantistes de la Kabylie qui, eux, opteraient volontiers pour un drapeau carrément kabyle

Quand j’ai évoqué le problème à un indépendantiste kabyle de la non reconnaissance de la Kabylie comme état sur la scène canadienne et internationale, il m’a répondu que l’indépendance se passe avant tout dans la tête. Quasiment, aucun drapeau au monde, à commencer par ceux de l’Algérie et de l’Amérique, n’a eu une naissance légitime. Avant de soumettre son drapeau à la reconnaissance internationale, il faut d’abord le reconnaître soi-même. La naissance d’une nation nécessite tout un combat, a-t-il conclu.
Le pouvoir qui n’a jamais compris le sentiment kabyle a fini par doter cette région d’une conscience régionale qui, à son paroxysme a produit le sentiment séparatiste. Le silence de nos intellectuels qui voient le pouvoir mal faire et laisse faire sont le plus déplorables du fait qu’ils savent bien comment se produisent les indépendances. Aujourd’hui toute agression contre la Kabylie alimente les tentations indépendantistes et fait tenir mieux la route aux arguments du MAK.

Dans un Canada démocratique et laïque l’oraison funèbre fut interdite dans la langue pourtant officielle des victimes

Le problème no 2 : Dans quelles langues prononcer l’oraison funèbre parmi les 4 au menu : L’anglais, le français et les 2 langues officielles du pays d’origine, à savoir l’arabe et le berbère. Cette dernière étant, en plus d’être officielle, la langue maternelle des 2 victimes.

Couvrir le cercueil d’un drapeau est un acte politique, prononcer l’oraison funèbre est un acte religieux, la prononcer dans une langue ou une autre est un acte identitaire. Un trois- en- un très difficile à gérer où il faut jouer de façon très subtile le jeu des « checks and balances » des sensibilités. En ces temps de nationalités multiples, la question du drapeau se complique.  Si le problème de drapeau est un problème artificiel qui peut susciter une bataille juridique qui peut s’avérer longue et ennuyante, où les lois se mêleront aux humeurs et sensibilités des uns et des autres, celui de l’oraison funèbre dans la langue maternelle belle et naturelle des victimes, s’impose en toute évidence comme un droit indiscutable. Le seul fait de le discuter est déjà un manque de respect à la mémoire des victimes et tout le peuple duquel elles se revendiquent.

L’oraison funèbre a été prononcée en arabe, en anglais et en français mais à la demande de la communauté kabyle de la prononcer dans la langue des victimes qui tenaient de leur vivant à leur identité et à leur culture, la réponse du clergé autoproclamé présent sur les lieux, a été catégoriquement négative. Le docteur Rachid At Ali uQassi qui a tenté de gérer la composante identitaire des 2 victimes kabyles s’est fait violemment violenté et arraché « le logo famille » de sa veste par un religieux en colère. Il avait préparé son oraison funèbre en Kabyle, mais elle n’aura pas lieu ; même un verset coranique récité en la circonstance par le docteur pour convaincre le clergé en place de l’ordre islamique, de sa légitimité religieuse, ne sera d’aucun secours.

Mais pourquoi, bon sang, ces religieux, en veulent-ils à notre langue, à ce point ? Pourtant, dans le pays d’origine des victimes, d’un point de vue légal, elle est aussi officielle que la langue arabe. Du point de vue religieux, notre langue a toujours évoqué Allah et le prophète depuis 14 siècles.  Serait-elle, aujourd’hui, aux yeux de ces islamistes une langue haram, plus haram que les 2 langues des « kouffars » et « croisés » comme l’anglais et le français. C’est par cette langue, pourtant, que Tarik Ibn Ziad a dû ordonner à ses soldats de conquérir l’Espagne.  Il est facile d’admettre que ce conquérant berbère ne pouvait apprendre une langue étrangère en seulement 2 ou 3 mois.

Un chrétien homosexuel en Algérie

Pendant 30 ans que j’ai passés en Algérie, il ne m’est jamais arrivé de rencontrer un algrérien de souche, juif, que ce soit en Kabylie ou ailleurs, le seul algérien de souche, chrétien, que j’ai rencontré, c’était à l’entreprise où je travaillais, c’était un homosexuel qui vivait ouvertement sa chrétienté et son homosexualité, les 2 choses les plus moralement réprimées dans le pays des années 90. D’habitude, il est fort commun de rencontrer des algériens qui ont cette manie d’essayer de convertir le chrétien à la religion musulmane, mais là, notre homosexuel, personne n’ose le convertir, façon de lui insinuer, chrétien et homosexuel, reste bien comme tu es. Pour eux il faisait du bon travail en souillant la religion chrétienne de son homosexualité.  On lui a posé la question sur son choix de la religion chrétienne alors que dans la bible Jéhovah avait envoyé le prophète Lot sur Sodome Et Gomorrhe pour exterminer les homosexuels, il n’avait trouvé aucune réponse en dehors de dire que Jésus est amour. – Mais l’enfer existe bel et bien dans les 2 testaments et, si, toi, tu n’iras pas, avec ton péché suprême, qui va y aller ? Cherche-toi une religion ou une philosophie qui croit en un dieu ou un idéal qui tolère les homosexuels car si tu crois aller au paradis à travers les 3 religions abrahamiques c’est que tu es en train de pousser un âne mort. Et, à ces questions agressives et gênantes, il nous répondait, « comme Jésus », avec le sourire. Il avait à répondre à des questions difficiles mais sa petite culture sur les religions ne le lui permettait pas.  C’est vrai qu’il avait toujours existé des juifs et des chrétiens en Algérie, mais vue notre intolérance unique au monde, ils ont préféré adopter un profil bas.

Les arabo-islamistes imposent au berbère une religion concomitante

En Kabylie, nous avons toujours adopté un Islam compatible avec notre identité. Dans leur écrasante majorité, les kabyles ont fini, de force ou de grès, comme quasiment tous les africains du nord, par adopter la confession musulmane. Et nos érudits, de tendance soufie, ont toujours chanté dans notre langue des hymnes à la louange du prophète; dans nos mosquées et nos zaouïas, les prêches et les douross se faisaient en Kabyle. Tout le monde ou presque qui pratiquait la circoncision à ses enfants mâles, toutes les familles, y compris les plus pauvres, se débrouillaient pour pratiquer le sacrifice d’Abraham durant la fête de Laid, de préférence un mouton, à défaut, un bouc. Un coq, une poule ou un bon festin de viande, entre autres, pour les fêtes du Mouloud, de Laid EL Fitr, de Moharem (nouvel an musulman) et de l’Aachoura, une fête normalement réservée aux chiites.

Si l’islam traditionnel a su respecter les traditions et l’identité du berbère, l’islam politique avait créé chez ce dernier une dualité inconciliable entre son identité et sa religion. Auprès du kabyle, l’arabo-islamiste a fait de l’Islam une religion concomitante, indissociable de l’arabité. Depuis les années 70, les baathistes algériens rêveurs de l’empire arabe, ont inventé la phrase « je suis berbère mais l’islam m’a arabisé ». Dans leur combat socialiste copié sur le modèle soviétique, nos baathistes qui s’adressaient au peuple aux noms de la révolution et du peuple, ont utilisé l’islam à des fins arabisantes, tout comme les sionistes, en majorité irréligieux ou athées, avaient utilisé le slogan biblique de la Terre Promise pour faire venir les juifs de la diaspora en Palestine.

L’émir Abdelkader, mort en 1863,en exile, en Syrie, qui avait toujours émis le vœu de se faire enterrer tout près de son père spirituel Ibn Al Arabi, le FLN le déterre dans les années 60 pour le transférer dans le cimetière d’Al Alia pour les besoins de la cause. Le roi berbère, Jugurtha, qui a été déporté comme prisonnier de guerre, à Rome, où sa dépouille demeure à ce jour, personne de nos idéologues baathistes n’a songé à le ramener un jour, ne serait que pour le musée. La conséquence est nette :  Aux yeux d’un algérien baathiste, pour qu’on te valorise en tant qu’algérien, il faut avant tout servir la cause arabe.

Cette dualité créée par les idéologues de l’arabo-islamisme a forcé, dans certaine mesure, les kabyles à faire un choix entre leur identité et leur religion. C’est ainsi que dans l’histoire moderne, la remise en cause de l’islam avait démarré dans les années 70, en Kabylie. Certains avaient sacrifié leur identité pour conserver leur religion, d’autres avaient fait le contraire. Parmi ces derniers certains sont devenus agnostiques ou athées, d’autres ont trouvé en le christianisme la religion qui les réconcilie avec leur identité sans leur demander d’être palestiniens sous prétexte que Jésus était de Nazareth ou de parler hébreu sous l’autre prétexte que la bible est descendue dans cette langue.De cet islam, version baathiste, qui a poussé le kabyle au rejet de son identité, est née une sorte de mouvement de mangeurs de carême en signe de protestation contre cette religion “raciste” qui favorise jusqu’à une dimension existentialiste l’arabe au détriment du berbère.

Certains kabyles ont trouvé dans le protestantisme quelques réponses fondamentales à leurs préoccupations, d’autant plus que la figure de proue du protestantisme, Saint Augustin, est un berbère de l’Antiquité. Et, selon eux, comme disait la pub, il est né chez nous, on peut lui faire confiance. Son influence sur l’église est, telle que jusqu’au début du 20eme siècle, les protestants s’appelaient les néoaugustiens. Un point qui intéresse beaucoup les berbères et tout partisan de sa propre identité, est, que le mouvement protestant, né au 16 eme siècle, en Allemagne, avait exigé que la bible soit écrite dans la langue des peuples auxquels elle s’adresse.
D’autres Kabyles, disons, la majorité, avaient fait la sourde oreille aux sirènes arabo-islamiques et avaient conservé à la fois l’islam et leur identité. Ils finiront par découvrir la supercherie arabo-islamique, que l’islam, excepté pour la foi, n’a jamais fait promotion dans ses textes de la race ou de l’identité.

A son stade de puissance actuel l’islamisme au Canada s’attaque aux minorités. Demain, c’est le tour de la majorité.

L’explication à ce déni de notre langue via les victimes de l’attentat contre la mosquée du Québec, puisqu’il n’y a aucune de plausible, se trouve dans les rapports de force. A chaque instant de sa vie, l’intégriste est interpellé incessamment par son devoir d’islamiser et d’arabiser, dès qu’il se trouve en bonne position pour le faire. Pour y arriver, tous les moyens sont bons, mais il demeure comme dans le cas de tous les fascistes, que la force est le moyen le plus sûr et le plus rapide.  A son niveau de force actuel, il a banni la langue berbère au Canada, un pays qu’il n’a pas encore conquis, le tour du français et de l’anglais viendra dès qu’il aura les moyens de le faire. Il s’attaque pour l’instant à titre d’apéritif  aux petits peuples, en attentant le grand boulot. Et son appétit, messieurs les canadiens, ne fait que commencer.

A ces canadiens qui voient les islamistes agresser à leur niveau et laissent faire, le petit monstre qui se nourrit de vos petites victimes, va un jour devenir grand jusqu’à vous dévorer. Ses intentions sont là, mais vous ne voulez pas les voir. Dieu les aveuglera et, eux-mêmes se ligoteront, via leurs lois humaines, de la corde que nous leur tendront, m’avait dit un intégriste convaincu de sa future conquête de Vous. L’exode peut souvent s’avérer plus efficace que le djihad par les armes, et avec une détermination 10 fois supérieure à la leur, nous n’avons besoin que d’un dixième de leur population pour les conquérir. Nous avons besoin de nos djihadistes pour leur faire la guerre, de nos terroristes pour les terroriser, de nos victimes pour les compassionner, de nos politiciens pour les rassurer et de nos juristes pour se faufiler entre les maillons de leur système juridique. Toutes les créatures de Dieu vont se prosterner à leur créateur comme le veut le message coranique, la langue arabe qui est la langue officielle du jugement dernier sera la langue de tous les habitants de la planète, m’a-t-il affirmé, dans une inébranlable confiance en soi.

L’islamisme orbital qui sévit aujourd’hui dans la périphérie, gagnera progressivement les tissus les plus profonds de la société jusqu’à atteindre le noyau. Là, soit la société réagira dans un sursaut d’orgueil nucléaire qui se traduit dans le langage des révolutions en guerre civile, comme c’était le cas en Algérie des années 90, soit, elle se soumet à ses propres lois et se livrera mains liées aux intégristes comme en Iran.

Né dans la fournaise du désert d’Arabie où on a tendance à s’habiller léger, l’islam s’adaptera mieux aux basses températures, les femmes condamnées par le froid à se couvrir, le problème du hidjab se posera moins. On songe déjà à trouver une fatwa au problème de ramadhan chez les esquimaux avec leurs nuits et leurs jours qui durent jusqu’à 6 mois.

La communauté kabyle dont vous admettez, via votre presse, qu’elle est parmi les plus intégrées de votre pays, tout en restant elle-même, vous la laissez se faire humilier par ces obscurantistes du Dark Age, et l’oraison funèbre dans la langue de nos victimes n’aura pas lieu. En vertu de quelle loi ? Sans doute pas la vôtre, mais la leur. Messieurs les canadiens, pour gouverner avec les islamistes, il faut être juste, fort et ferme. Les autorités canadiennes qui ont accepté le fait accompli d’une communauté qui dicte sa loi à une autre, ont fait preuve d’une passivité inouïe. L’intimidation accomplie par vos islamistes à l’égard de notre communauté,fait se dessiner dans la boule de Crystal de votre pays, un avenir intégriste. Petit à petit l’oiseau islamiste fera son nid, c’est tout juste une question de temps. La communauté berbère canadienne doit, sans relâche, continuer à faire autant de bruit que nécessaire autour de cette affaire de leur langue arbitrairement bannie, pour attirer sans cesse l’attention nationale canadienne.

Rachid C.

4 comments for “Le berbère l’autochtone, unwanted, dead or alive

  1. Kaci
    February 19, 2017 at 22:48

    Un chercheur qui cherche dans une mosque.. atrouve la mort! Quel tragedie. SI il passait son temps avec sa famille
    il ne serait pas la.

  2. lefennec
    February 21, 2017 at 06:13

    Les amazighs n’ont pas de visibilité officielle, c’est à dire pas d’état. Ils sont le fuel que “les états auto-proclamés arabes” utilisent pour faire tourner leur machine monstrueuse. Donc inutile de se lamenter. Le jour où ils prendront leur propre destin entre leurs propres mains, leur cauchemar cessera.

  3. Kakou
    February 22, 2017 at 06:51

    Dans cette affaire, le monopole de l’organisation des funérailles est revenu a ceux qui ont pris en charge les frais (salon funéraire,l’aréna,rapatriement ….).Tout est clair .

  4. alhif-n-wen.
    February 25, 2017 at 08:21

    Selon l’idéologie “SALAFISTE” prédominante dans les mosquées gérées par les wahabo-sunnites, à partir du moment où ils sont morts à l’intérieur de la mosquée leurs corps doit appartenir aux SALAFISTES, ceci leurs sert de moyen pour propager leur idéologie et faire de la propagande religieuses, pour eux tout les moyens sont bon.

    Nos frères les Kabyles du CANADA, n’ont pas intervenus à temps pour extraire les deux dépouilles aux islamistes qui ont presque séquestré les corps pour les appropriés car pour eux ces deux kabyles tués à l’intérieur de la mosquée sont des moudjahidin c’est comme ils sont morts au combat…….!!! La seule identité qui compte pour c’est l’identité religieuse, c’est là que réside leur force.

    Ce phénomène de squattage des mosquées par les SALAFISTE existe aussi en FRANCE….

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