KABYLIE MON AMOUR, ALGÉRIE POUR TOUJOURS

Par Rabah Chabane

Vgayet (Bejaia), Cap Carbon

« CeƐlet-aγ tafat // neffud ad-nwali // ad-nżer γer zdat // amek ar’anili ? (Éclairez-nous // nous avons soif de discernement // pour voir vers l’avenir // quelle sera notre condition?) ».

Cet appel pathétique de Lounis, dans l’une de ses chansons, fait presque écho au verset du Coran qui nous recommande: « Interrogez les experts si vous ne savez pas ». J’en ai fait ma devise, moi qui ne suis expert en rien et qui n’ai pour toute science qu’un petit bout de commun bon sens péniblement acquis à l’école de la vie, « Qerrani el jouƐ w’lehfa, j’ai été éduqué par la faim et à force d’aller pieds-nus » comme dirait El Eunka .

Vous conviendrez aisément qu’interroger plus sachant que soi-même est une vertu qui nous épargne les spéculations inutiles et les tâtonnements aventureux ; vertu qui nous soustrait aux embourbements dans les marécages de l’ignorance et aux égarements dans le vague et la confusion de la méconnaissance.

« Amek ar’anili ? », que nous réserve l’avenir ? Lourde interrogation à laquelle nous, Kabyles lambda, nous devrons nous préparer à répondre lorsque tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre, par les uns ou par les autres, la question de l’indépendance de la kabylie nous sera posée ; à moins que vous ayez déjà eu le privilège d’y répondre car on vous aura suffisamment éclairés sur les tenants et aboutissants d’un tel projet. Que vous y soyez favorables ou farouchement opposés, l’essentiel est que vous vous déterminiez en toute connaissance de cause, que votre position soit bâtie sur des données objectives et que vous ayez murement étudié la question. C’est là que vous aurez besoin de l’avis éclairé de spécialistes en tous genres : politologues, sociologues, historiens, linguistes, économistes…auxquels je ne saurais me substituer en rédigeant cette modeste contribution.

Nous ne ferons donc que leur emprunter ce qui relève de vérités manifestes, observables et vérifiables par le citoyen ordinaire. Les revendications identitaires visant à se réapproprier une authenticité mise à mal par des siècles d’invasion et de colonisation remontent à la naissance du nationalisme algérien. Cependant, l’éventualité d’une indépendance de la Kabylie n’avait jamais été évoquée ; mieux, la délégation algérienne conduite par Krim Belkacem aux négociations de Les Rousses, puis d’ Evian, a fermement repoussé une proposition française allant dans ce sens (indépendance de l’Algérie sans le sahara).

Tous les textes fondateurs de la révolution algérienne, depuis la proclamation du premier Novembre 1954 jusqu’à l’indépendance, en passant par le congrès de la Soummam, insistent sur l’unité du territoire et du peuple algérien. Ni dans les mémoires ni dans les témoignages d’aucun Moudjahid on ne trouve trace d’une quelconque intention ou volonté de dissocier la Kabylie de l’Algérie. Mieux encore, et malgré la discorde qui régna au lendemain de l’indépendance entre le pouvoir de Ben Bella et les opposants au putsch de l’état major, ayant justifié la reconstitution d’un maquis en Kabylie, les djounouds de la willaya 3 ont rejoint la frontière Ouest pour défendre l’Algérie contre les velléités expansionnistes marocaines…

C’est dire combien l’esprit nationaliste était ancré dans les esprits et combien on était loin des idées séparatistes que les événements et le contexte de l’époque auraient pu amplement justifier. La rébellion post indépendance répondait donc à la nécessité de défendre la légitimité violée et les institutions encore embryonnaires de l’Algérie, et non pas à quelque intention de créer une entité indépendante en Kabylie. Deux décennies de combat identitaire et de revendications culturelles et démocratiques portées essentiellement par les milieux estudiantins et artistiques ont débouché sur le printemps berbère de 1980 et la création du Mouvement Culturel Berbère.

Il est bon de rappeler que le déni identitaire était total : dans la constitution on faisait la part belle au référent identitaire arabo-islamique, au parti unique déifié et au socialisme irrévocable ; la dimension amazighe de l’Algérie était un tabou, un sujet folklorique sans plus. Malgré tout, l’indépendance de la Kabylie n’a jusque là jamais figuré même allusivement dans les revendications du MCB : bien au contraire, son discours a toujours été emprunt de nationalisme et de pondération. Mouloud Mammeri, ce chercheur en amazighité devenu le symbole de la revendication identitaire, aurait déclaré :« Quand je travaille à la berbérité, c’est à l’algérianité que je travaille ».L’auteur de « l’opium et le bâton » ne peut être pourtant traité de kabyle de service, comme il plait à certains aujourd’hui de qualifier tous ceux qui sont réfractaires au projet séparatiste.

Après les événements de 1988 et l’ouverture démocratique, le FFS est sorti de la clandestinité et d’autres jeunes partis politiques tel que le RCD sont nés. Ce dernier est d’ailleurs censé se substituer au MCB dont il porte les principales revendications. La question identitaire devient un enjeu politique, instrumentalisée autant par le pouvoir que par les partis d’opposition. Puis arrive la tragédie nationale avec une décennie de terrorisme et d’incertitude. L’Algérie aura traversé une période de grandes turbulences ayant coûté au pays des milliers de morts et de disparus, un énorme gâchis économique et de grands bouleversements sociaux et politiques.

En Kabylie, la première partie de la décennie 1990 aura été particulièrement mouvementée. Il y’eut la scission du MCB en coordination nationale proche du RCD et commission nationale tendance FFS ; à la veille de la rentrée scolaire de l’année 1994 Ferhat Mhenni appelle à une grève du cartable pour revendiquer l’introduction de l’enseignement de Tamazight à l’école pendant qu’aux commandes de l’état présidait Liamine Zeroual. La grève fut largement suivie dans toute la région kabylophone : que ne ferait-on pas pour Tamazight ?

Un certain 28 Septembre, de triste mémoire de la même année 1994, le chantre de la chanson populaire kabyle engagée, Matoub Lounes, fut kidnappé par un groupe terroriste sévissant dans la région ; il ne fut libéré qu’après une mobilisation active de la population locale. En Janvier 1995 Ferhat Mhenni démissionne du RCD et crée, peu après, le MCB rassemblement National dans la foulée d’un accord avec le gouvernement ayant abouti à la cessation de la grève scolaire et la création par l’état d’un Haut Commissariat à l’Amazighité (HCA). Ceux qui ont été amenés à sacrifier une année de leur scolarité regardent aujourd’hui cette grève d’un œil critique. Une année à blanc pour une coquille vide nommée HCA, affirment amèrement la plupart d’entre eux, d’autant plus déçus que, selon eux, ils ont été bernés par ceux-là qui ont négocié à leurs dépens des positionnements politiques en prenant soin d’envoyer leur progéniture étudier ailleurs. Qui sait quelle est la part de vérité dans ces propos ?

L’année 1998 est marquée par l’assassinat de Matoub Lounes dans un guet-apens : les circonstances de cet abominable crime restent encore obscures et sujettes à controverse. Les spéculations vont bon train et le sang du barde aura éclaboussé bien du monde sans que l’on sache, encore une fois, la part de vérité dans tout ce qui se dit et s’écrit à son sujet. L’événement saillant de cette fin de la décennie rouge aura été l’élection de Abdelaziz Bouteflika à la magistrature suprême, un 15 Avril 1999.

Mais avant de clore ce deuxième millénaire, revenons de quelques années en arrière, en 1992 exactement, pour signaler un événement majeur dans l’histoire de notre nation : l’assassinat de Tayeb El-Watani, Mohamed Boudiaf, alors président du Haut Comité d’Etat qui fut installé consécutivement à la vacance simultanée de la présidence de la république et du parlement suite à la « démission » de Chadli Bendjedid.

Matoub et Boudiaf : un artiste engagé (enragé même, disent certains) et un chef historique de la révolution ; un révolté et un révolutionnaire ; l’un de Tizi Ouzou et l’autre de M’sila ; l’un algérien berbère convaincu et l’autre algérien arabophone nationaliste, mais néanmoins sensible à la cause Amazighe; tous deux assassinés. Mais le premier cité, avant que les balles de ses assassins ne l’aient réduit au silence, aura eu le temps de rendre hommage au second dans une chanson qu’il lui a consacrée. C’est que Mohamed Boudiaf jouit, auprès du peuple algérien mais surtout en kabylie, d’une affection et d’un respect tout particuliers.

Quant à Lounes, sous ses apparences d’irréductible berbériste, et malgré son opposition frontale au pouvoir, celui qu’on surnommait le rebelle dissimulait des trésors de nationalisme. A Bernard Pivot qui le questionnait sur le plateau de « Bouillon de Culture » de France 3, durant les années de terrorisme, il affirma :« je suis profondément algérien… ». Au cours de la même émission il avouera ne pas maîtriser l’arabe littéraire mais qu’il revendiquait l’arabe algérien ! Plus tard il dira dans une autre intervention :« Je suis prêt à donner à cette pauvre Algérie jusqu’à ma dernière goutte de sang… ». Les siens sont invariablement outrés et le font savoir chaque fois que des voix intéressées le présentent comme un indépendantiste.

Le troisième millénaire est entamé avec à la tête de l’état un président fraichement élu, l’organisation d’un référendum sur la réconciliation nationale, une constitution revisitée par voie parlementaire consacrant (enfin !) Tamazight langue nationale, une paix et une sécurité relativement retrouvées. Cependant, un événement gravissime est venu attiser le feu dormant de la contestation populaire, l’assassinat de Guermah Massinissa dans l’enceinte de la gendarmerie nationale, la veille de la commémoration du printemps berbère en 2001. Cette bavure inadmissible et sa gestion maladroite, voir provocatrice, a suscité des émeutes et entrainé des morts et des blessés parmi la population. Un grand mouvement citoyen dit Laarouche s’est constitué et a organisé une marche mémorable sur Alger portant une plateforme de revendications connue sous le nom de « plateforme d’El Kseur ». La marche a été réprimée sans ménagement.

C’est dans ce climat de tension qu’un mouvement dit pour l’autonomie de la Kabylie voit le jour avec à sa tête un transfuge du RCD, Ferhat Mhenni. Se faisant plus conciliant, le gouvernement accepta l’organisation d’une seconde session du bac pour la kabylie afin de permettre aux élèves perturbés par les événements qui s’y étaient déroulés de mieux se préparer ; initialement prévue exclusivement en Kabylie, le mouvement citoyen a exigé que la deuxième session soit nationale ; le gouvernement y consent… Aujourd’hui encore cette anecdote est souvent citée pour mettre l’accent sur le nationalisme kabyle et l’attachement de cette population à l’unité nationale. Mais pourquoi tout ce flash-back, me direz-vous ?

En survolant ces événements, je cherchais à remonter aux origines de l’idée d’autonomie. Quoiqu’aucune velléité indépendantiste ne s’était encore manifestée, la succession de tous ces événements, ajoutée à l’ancien contentieux avec le pouvoir, l’autonomie était perçue diversement : pour les uns il s’agirait d’une régionalisation tout à fait défendable, voire salutaire, quand elle est synonyme de décentralisation administrative, à l’instar de nombreux pays avancés; pour d’autres cela s’apparentait davantage à un fédéralisme, peut-être bien indiqué du fait des spécificités linguistiques et culturelles, et les modèles ne manquent pas de par le monde; pour d’autres enfin, ce serait le prélude au morcellement du pays, l’exécution d’un complot ourdi par des ennemis extérieurs et mis en branle par leurs suppôts indigènes…

Chacun y allait de sa lecture. Ce qui est clairement établi, c’est qu’en dehors du mouvement qui en a fait son programme, les partis politiques agréés, à fort ancrage dans la région, se placent dans une optique nationaliste et n’adhérent pas à ce projet d’autonomie de la Kabylie, ni à plus forte raison de sa sécession. Quoique des propositions de décentralisation, de régionalisation positive aient été formulées par les uns et les autres, le RCD et le FFS, pour ne citer que ces deux partis, se sont résolument inscrits dans une démarche nationaliste sans ambages. Leurs leaders respectifs se sont prononcés à maintes occasions contre toute désunion et contre toute remise en question de l’inviolabilité de l’unité du territoire national.

Feu Hocine Ait Ahmed de son vivant et ses successeurs à la tête du parti sont même allés plus loin en accusant le pouvoir de jouer un jeu malsain en kabylie, lui faisant assumer, avec des mots à peine voilés, la paternité du mouvement autonomiste, qui passera bientôt à la vitesse supérieure en évoluant en mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie. Et comme il n’entend pas s’arrêter en si bon chemin, ce mouvement installe un gouvernement provisoire en exile, avec à sa tête Ferhat Mhenni!

Création du pouvoir ou génération spontanée, l’existence-même de ce mouvement est une aubaine qui ajoute de l’eau au moulin de ce même pouvoir. En effet, quoi de mieux qu’une menace séparatiste pour semer le doute dans l’esprit des autres algériens et les dissuader de toute solidarité avec les revendications démocratiques légitimes quand elles émanent principalement de la kabylie ? Quel autre ingrédient mieux que des velléités indépendantistes pour discréditer le combat de tant de militants et d’opposants et justifier la fermeture du champ politique et le rétrécissement des libertés ?

Le plus intriguant dans cette équation est que, un déficit dans les facultés intellectuelles du principal animateur de ce mouvement étant exclu, car considéré à juste raison comme un homme d’érudition et de culture, Ferhat Mhenni ait succombé à l’attrait d’un projet aussi aventureux qu’irréaliste. Comment le militant de longue date des droits de l’homme et de la démocratie, l’homme politique mur et réfléchi, l’artiste talentueux et engagé qu’on reconnaisait en lui en est-il arrivé à verser dans l’extrémisme ? L’épisode de l’airbus d’air France dans lequel il se trouvait comme par hasard et qui fut détourné par des terroristes islamistes qui ne s’étaient pas embarrassés de scrupules pour liquider des otages et qui, Dieu merci, l’ont miraculeusement épargné, lui qui, paradoxalement, constituait une cible privilégiée pour ces illuminés et dont la liquidation aurait eu un impact médiatique retentissant, cet épisode, disais-je, laisse perplexe nombre d’observateurs.

De là s’échafaudent des théories plus invraissemblables les unes que les autres sur les objectifs et les promoteurs du MAK. La vérité n’est sans doute pas dans les discours et les agitations des uns et des autres; l’avenir, peut-être, nous le dira. Un dicton algérien dit, en arabe : les oiseaux se disputent dans les airs et ce sont les épis (de blé) qui en subissent les conséquences. Si les oiseaux représentent ici le pouvoir, l’opposition, les mouvements politiques… le petit peuple est censé tenir le rôle peu enviable des épis. Justement, si nous sommes réduits malgré nous à ce destin « végétal », au moins sommes-nous appelés à reconnaitre où résident nos intérêts.

C’est dans ce dessein que je tenterai d’examiner un à un les arguments que les indépendantistes mettent en avant pour étayer la justesse de leur projet. D’après eux, la Kabylie aurait été de tout temps indépendante jusqu’à l’occupation française; le peuple Kabyle serait homogène; le pouvoir « colonial» d’Alger serait l’ennemi des kabyles qu’il persécute sur tous les plans, culturel, identitaire, économique, etc ; les kabyles seraient laïcs et démocrates contrairement aux autres composantes démographiques du pays ; la kabylie serait plus prospère une fois indépendante…

Ce sont là les principales idées qui circulent dans les médias et les réseaux sociaux et que distillent les animateurs du mouvement indépendantiste. Sur le plan extérieur, Ferhat Mhenni ne s’embarrasse pas de scrupules pour flirter avec des états hostiles à l’Algérie, Israël et le Maroc en tête. J’ai conscience que l’usage du conditionnel dans les propositions précédentes, ainsi que des guillemets entourant le mot colonial, constitue à lui seul un motif suffisant pour m’attirer le courroux de ceux qui, imbus de leurs certitudes, considèrent leur projet séparatiste comme la panacée à tous leurs problèmes.

Voyons cela… Et d’abord, qu’est-ce que la kabylie ? Qu’est-ce que le peuple kabyle qui serait candidat à l’indépendance ? Tout comme vous, j’ai longtemps cru que la chose était tellement évidente que la question ne se posait même pas. Pourtant, quelque chose me dit que nous devrions réviser nos certitudes. Le vocable kabyle lui-même n’est pas kabyle, ni français d’ailleurs : il est étymologiquement arabe.

Les linguistes me rappelleront à l‘ordre si je délire, « qabaïl » est le pluriel arabe de « qabila» ( tribu), terme utilisé par les arabes pour désigner les habitants sédentaires du nord (en opposition aux « bédouins » du sud) indépendamment de tout autre paramètre ethnolinguistique. Initialement , les frontières de ce territoire « qabaïli» n’étaient donc pas limités à celles de la kabylie actuelle. Par conséquent, les habitants de cette région ne se différencient guère de ceux des autres tribus berbères disséminées le long de cette bande littorale sinon par des nuances dans les parlers et les influences spécifiques dont chaque région a été affectée au gré des invasions et des aléas historiques. On parle encore de nos jours de « qabaïl el hedra » pour désigner les habitants des wilayas du littoral Est jusqu’aux abords de Skikda, et de « qabaïl nighas » pour la région constituée des willaya de Tizi Ouzou, Béjaia et partiellement Bouira, Boumerdes, Sétif, Jijel, Bordj Bouararedj et Alger. On parle également de Grande et de Petite Kabylie, de Haute et de Basse Kabylie…

Ceux qui auraient un contentieux avec la langue arabe ne devraient pas être fiers de s’appeler « qbaïli » ou kabyles ! Même si certains croient pouvoir échapper à cette évidence en remplaçant la lettre B par V : Leqvayel ou elqabayel c’est du pareil au même ! Amazighs serait plus juste ! Or, nous n’avons pas le monopole de l’amazighité. Tous les algériens sont des Amazighs, quand bien même beaucoup le renient par ignorance ou pour d’autres considérations. Mais on ne peut effacer des siècles d’histoire d’un simple revers de la main. L’éducation, la persévérance, l’ouverture sur l’autre finiront par réparer ces fissures ; les récentes déclarations de l’écrivain algérien arabophone Kamel Daoud sur son rapport à l’arabité sont révélatrices d’une prise de conscience progressive chez nos compatriotes non amazighophones.

Mais l’idéologie à la limite fasciste du mouvement séparatiste va à contre courant de cette tendance et contribue à la dilapidation du capital sympathie que la kabylie avait engrangé auprès de tous les algériens grâce à sa participation active dans la lutte pour la libération et à son militantisme postindépendance. L’insertion selon laquelle la kabylie aurait été indépendante avant la colonisation française est un non-sens. L’époque ottomane, pour des raisons historiques et religieuses, était différente de la colonisation française. Les autochtones vaquaient à leur dur quotidien dans un système tribal, tandis que leur contact avec l’administration se résumait à peu de choses, au versement des impôts, probablement en nature. Il n’y avait ni institutions ni administration propres à donner à la kabylie dans son entièreté un semblant de souveraineté : au sens où on veut nous le faire admettre, c’est chaque tribu qui était indépendante, pas une entité kabyle.

Cet argument serait de nature à rendre chaque tribu candidate à l’indépendance, ce qui serait raisonnablement chose absurde et insensée. D’autre part, le système d’organisation politique et sociale des tribus kabyles n’avait rien d’avant-gardiste contrairement à ce qu’on s’égosille à nous faire admettre aujourd’hui. Tout au plus pouvait-on parler d’un système tribal patriarcal d’obédience théocratique. A la tête de la djemaa était généralement un religieux, chef de zawia ou de medersa coranique, et il est notoirement établi que la femme est exclue de l’héritage en kabylie jusqu’à nos jours: où sont ce laïcisme, cette démocratie ancestrale, cet esprit d’équité et des droits humains dont on se dit si fiers ?

Quant à la prétendue homogénéité du peuple kabyle qu’on nous présente comme un atout majeur, je serais heureux de savoir de quoi il s’agit. Si c’est d’un point de vue linguistique, j’objecte sans tarder que la langue kabyle (je lui préfère le vocable Tamazight) est loin d’être uniforme dans toute la kabylie. L’hiatus s’accentue avec Tasahlit, variante kabyle de la région comprise dans le triangle Béjaïa-Setif-Jijel et qui tient autant du kabyle que du chaoui. La carte linguistique de Bouira, Boumerdes, Bordj Bouararidj n’est guère plus homogène. Alors, de quelle homogénéité nous parle-t-on ?

Je n’ose même pas imaginer que cela puisse concerner un autre paramètre que la langue. Il est incontestable que les populations qui s’étaient réfugiées dans les montagnes ou le désert ont eu moins de contact avec les différents envahisseurs, et donc ont connu un moindre brassage, mais cela reste tout relatif. Quant bien même cette homogénéité serait réelle et parfaite, elle ne justifierait en rien le projet séparatiste : la plupart des nations, sinon toutes, sont constituées de communautés ethniquement et culturellement différentes, la diversité étant une richesse et non un handicap.

D’autre part, les valeurs d’antan s’étant effilochées au fil des années, la concorde et la solidarité de la société kabyle dont nous nous enorgueillissions ne sont plus qu’un mythe. Les conflits entre familles, parfois entre frères, ne relèvent plus de l’anecdote : on s’étripe pour un empan de terre, pour une goutte d’eau, pour un chemin d’accès, pour un banal malentendu ! D’autre part, et bien que les séparatistes n’aient pas versé dans la violence physique, attitude que nous devons saluer et souligner, force est de constater que les extrémismes se rejoignent sur bien des points.

En caricaturant un peu on serait en droit d’écrire ceci: autant les islamistes crient au miracle et s’émerveillent devant une curiosité de la nature qui, par la forme ou une arabesque imprimée sur l’objet, évoque une créature ou le nom d’Allah, ou se prosternent à la vue d’un précepte religieux écrit au laser dans le ciel, autant les berbéristes purs et durs voient la lettre « Z » de tifinagh partout, sur les tapis de perse, la porcelaine de chine, et ne désespéreraient pas à la trouver gravée sur la lune.

C’est qu’on puise tous d’un patrimoine mental et psychologique commun: lorsque l’islamiste ne tolère pas d’autres croyances que la sienne, une langue autre que celle du coran, un accoutrement, des mœurs et des attitudes différents des siens, un autre, censé pourtant représenter l’ouverture d’esprit et le rationalisme, rejette la langue arabe pour le français qu’il ne maitrise pourtant pas et qui lui a été imposé par 132 ans de colonisation féroce, boude des concitoyens pourtant confrontés aux mêmes difficultés et dont le tort est d’avoir perdu l’usage de tamazight, ne peut entendre un commentaire ou une analyse opposés au séparatisme sans crier à la trahison…

La relation kabylie-pouvoir a de tout temps été tendue. Une région frondeuse, rebelle, insoumise, virulente à l’égard du pouvoir dont elle conteste invariablement la légitimité, affichant ostensiblement le rejet du personnel qui le compose… Apparemment, le pouvoir le lui rend bien, en tous cas c’est le sentiment de larges pans de la société qui, confrontés aux difficultés quotidiennes, au chômage, aux tracasseries administratives, voient dans la situation socio-économique peu enviable de la kabylie une volonté délibérée de lui faire payer le prix de son insoumission. Cela attise les rancœurs et donne du grain à moudre aux sympathisants du mouvement séparatiste qui en font une pièce à conviction en faveur de l’indépendance. Or, quand bien même toutes ces élucubrations contre le pouvoir seraient recevables, la solution radicale préconisée n’en est certainement pas une ! Cela s’apparente davantage à une désertion : plutôt que de militer et se battre pacifiquement pour l’instauration d’un état de droit en Algérie, les indépendantistes renoncent à leur patrie, l’Algérie, et proposent de se replier dans un ghetto nommé kabylie où, pensent-ils, la démocratie et les droits de l’homme fleuriront.

Cet état d’esprit me fait penser au comportement du lézard des murailles qui, lorsqu’il se sent acculé, abandonne sa queue au prédateur qui le menace, pour sauver son corps. La queue, par la grâce du créateur qui a doté le lézard de cette aptitude à l’autotomie (je dis bien autotomie et non autonomie, le contexte pouvait facilement provoquer un lapsus !), la queue, disais-je, continue à se tortiller après s’être détachée, distrayant momentanément le prédateur le temps que le lézard s’échappe en lieu sûr. La queue qu’il aura perdue dans cette bataille repoussera une seule fois ; la providence semble lui enseigner ainsi qu’elle n’offre qu’une chance unique et qu’on doit tirer leçon de sa précédente mésaventure.

Cependant, contrairement au lézard qui abandonne un appendice accessoire pour sauver sa vie, une stratégie tout à fait respectable pour une bestiole, les séparatistes quant à eux proposent d’abandonner leur vaste pays pour, disent-ils, sauver une province.

Je me suis souvent servi d’une autre métaphore pour dire le ridicule d’une pareille posture : lorsque le navire prend feu, il est plus salutaire d’aider à éteindre l’incendie que de se barricader dans sa petite cabine, car si le navire coule votre cabine ne sera pas épargnée !

Au-delà de la nature du pouvoir politique, des aléas historiques et des difficultés conjoncturelles, la kabylie est le cœur de l’Algérie. Et pour abonder dans le sens de cette métaphore anatomique, disons que le cœur ne peut survivre hors du corps que quelques heures et que le corps ne peut survivre sans cœur. Mais, contrairement à l’anatomie humaine où la science a su réaliser quelques prodiges, dans la géopolitique la transplantation d’organes n’est pas une pratique courante !

Or, ce qui est encore plus inquiétant, le projet indépendantiste ne vise pas seulement à recouvrer une « souveraineté » sur un territoire ou libérer un peuple du joug d’un indu occupant, mais promet une révision profonde de nos référents civilisationnels.

Non seulement l’Islam est désigné comme un fléau à extirper, la langue arabe comme une malédiction à exorciser, mais aussi que le judaïsme ferait partie de notre patrimoine. La preuve, selon Ferhat Mhenni, serait contenue dans notre façon de jurer par « Jmiâ Liman » qui signifierait pour lui « par toutes les croyances », donc le judaïsme y compris !

En tordant le coup à la vérité scientifique et moyennant quelques raccourcis on parvient à faire dire aux mots ce qu’ils ne veulent pas dire. « Jmiâ liman » est d’abord une expression arabe (Jamiâ el-iman), Jamiâ signifiant « l’entièreté, la totalité, tout… » et el-iman signifiant « la foi ». C’est une expression dont les termes sont au singulier, « Toute la foi ». Nos parents juraient par toute leur foi et non par toutes les croyances ! Et d’abord, je ne savais pas que se faire traiter de « oudhay » était un compliment ! n’est-il pas considéré en kabylie comme injurieux et extrêmement offensant ? Seuls sont traités de ce nom ceux que l’on considère comme traitres, sournois, égoïstes, indignes de confiance…

Je suis persuadé que même ceux qui font semblant de trouver «oudhayen» tellement sympathiques, seraient offusqués de s’entendre complimenter de la sorte. S’ils croient pouvoir amadouer Israël et compter sur son soutien, ou le soutien d’autres puissances étrangères, ils se trompent lourdement. Je jure par « Jmiâ liman » que ceux-là l’aideraient volontiers à détruire l’Algérie mais jamais à faire prospérer la kabylie ! Eux sont pragmatiques et leur stratégie ne laisse pas de place aux sentiments: ils ne te soutiendront que dans leurs intérêts ; la couleur de nos beaux yeux de kabyles ou d’arabes ne les intéresse pas.

Si l’arabisation engagée dans la précipitation a contribué dans une large mesure à la dégradation de l’enseignement en Algérie, pour ne citer que ce secteur stratégique, il est fort à craindre que le modèle qui se concocte pour la kabylie par ses futurs dirigeants, aujourd’hui représentants autoproclamés du « peuple kabyle », soit plus dévastateur.

En effet, la haine, l’aveuglement, le chauvinisme et l’improvisation qui semblent guider leurs pas risqueraient de nous rétrograder dans un passé encore plus obscure. On kabyliserait comme d’autres avaient arabisé, on reproduirait les mêmes reflexes aux effets destructeurs amplifiés au centuple au regard de ce qui constitue aujourd’hui la langue kabyle et du patrimoine littéraire insignifiant sur lequel elle se repose. La langue kabyle ne pourra s’émanciper de son statut de parler régional qu’une fois fondue dans la langue mère Thamazight.

Pour cela, tous les imazighen doivent s’associer et travailler à la réhabilitation de leur langue. Cela ne se fera que dans une Algérie unie, en attendant son élargissement dans le cadre de Thamazgha; mais, me diriez-vous à juste raison, si on peine tant à construire une nation, qu’en sera-t-il d’un grand ensemble régional ? Qui peut le plus peut le moins, l’inverse est, hélas, moins évident !

Sur le plan économique, et partant, diplomatique, il serait bon de regarder les choses en face : à moins de prendre les margines de nos olives pour de l’or noir et nos reliefs escarpés pour la californie, la kabylie ne dispose pas d’atouts économiques décisifs susceptibles d’assurer à la population ne serait-ce que son autosuffisance alimentaire. Les kabyles ont, de tout temps, émigré en France ou à l’intérieur du pays pour subvenir aux besoins de leurs familles, non pas de gaité de cœur mais contraints par la dureté de la vie.

La kabylie indépendante se trouverait dans une situation économique précaire : on serait amené, quoi qu’on fasse, à tout importer, de la semoule à la bonbonne de gaz, sans avoir les ressources financières nécessaires.

Notre kabylie est certes belle, mais on ne pourrait pas compter sur le tourisme pour la faire prospérer car, en dehors de ce dont la nature nous a gratifiés, le tourisme est une industrie que nous ne maitrisons pas et surtout une culture que nous sommes loin de posséder. Et une nation qui ne dispose pas de potentialités économiques attrayantes ne pèse pas lourd sur l’échiquier diplomatique international ! Même si, par impossible, la population actuelle acceptait de vivre d’amour et d’air pur pour « le recouvrement de son indépendance », les générations futures cracheront sur la tombe de ceux qui leur auront légué la misère et le ghetto.

À propos de ghettos, Mouloud Mammeri était également bien avisé de nous prévenir :« …il se peut que les ghettos sécurisent, mais qu’ils stérilisent c’est sûr ». Mais j’entends déjà des voix objecter que le pouvoir politique algérien serait (seul) responsable de la situation économique désastreuse de la kabylie et que cela justifierait le projet séparatiste. À chacun sa main de l’étranger, en somme ! Et qu’en est-il de la gestion locale ? Est-ce le pouvoir qui empêche nos villes et villages d’être propres, nos rues et nos trottoirs d’être entretenus, nos budgets d’être consommés ?

La mentalité qui préside aujourd’hui à notre gestion communale ne changera pas en mieux lorsqu’on aura changé la couleur du drapeau accroché au fronton de la mairie ! CeƐlet-aγ tafat, éclairez-nous! J’ai conscience que le sujet est loin d’être épuisé et que la petite bougie que je viens d’allumer ne peut venir à bout des ténèbres ambiantes. Mais aussi longue soit la nuit, le jour finit toujours par se lever.

Rabah Chabane

14 comments for “KABYLIE MON AMOUR, ALGÉRIE POUR TOUJOURS

  1. lefennec
    February 24, 2017 at 14:32

    Rabah,

    J’ai l’impression de lire un discours politique fort tendancieux. Votre article pourrait bien inspirer un militant du FLN ou du FFS en mal de démocratie responsable (le FLN et le FFS sont les deux faces de la même médaille. A la différence que le FFS enveloppe son discours dans du kabyle et que celui du FLN dans celui de l’arabisme négationniste).

    Le rêve d’une Algérie plurielle est une utopie, peut être une chimère, que seuls les intellectuels kabyles naïfs et fainéants cultivent dans leur imagination féconde. L’Algérie actuelle (par extension tous les états post-coloniaux l’Afrique du Nord) ne s’est pas crée avec la volonté des peuples algériens mais avec les armes, la violence et le mensonge.

    L’Algérie indépendante est entrain de se bâtir sur les cadavres des peuples qui la composent, en particulier le peuple Kabyle qui, contre vent et marées, a réussi l’exploit de sortir indemne de toutes les invasions successives. Dans ce territoire Algérie, inventé par la France napoléonienne, il n y a pas de place pour deux nations, Algérienne et Kabyle. Pour survivre à l’usure du temps l’Algérie a besoin de tuer la nation kabyle. L’Algérie ne donne pas le choix à la Kabylie: soit s’affranchir ou disparaitre.Le chemin est vite tracé. En plus, même au plus sombre temps du colonialisme, la France coloniale n’a pas altéré profondément la personnalité des peuple algériens, et que l’Algérie indépendante a détruit sans état d’âme. Si Tamazight est soi-disant acceptée c’est pour mieux détruire tout ce qui est kabyle car il est la sève qui nourrit tamazight.

    J’aimerai bien voir organiser un referendum pour que les arabophones s’expriment sur le sujet. Nous aurons bien d’agréables surprises sur l’Algérie plurielle.

    Vous parlez d’Israël, ennemi juré et éternel des musulmans, mais vous oubliez que des centaines d’Israéliens visitent l’Algérie avec un passeport… algérien délivré par les consuls algériens. Aussi, les israéliens, ou les juifs si vous préférez, ont crée un admirable et respectable état à la pointe de la technologie actuelle que les états arabes voisins ne réussiront jamais à faire.

    Aussi, ce n’est un secret pour personne, l’Algérie actuelle est sous la botte de la Russie. Rien ne se décide sans l’aval de Moscou et l’Algérie doit défendre les intérêts russes. Et elle le fait si bien, parfois à son détriment. Pour rappel, juste après le cessez-le-feu, sur demande de l’escroc révolutionnaire de Boumedienne (qu’il repose en paix juste à titre humanitaire) et consorts, l’armée russe avait massacré des centaines de maquisards à El Afroun, venus s’opposés à l’invasion de l’armée des frontaliers composées essentiellement de mercenaires marocains déguisés en combattants algériens.

    NB: Pour comprendre l’Algérie actuelle, je vous invite à lire l’histoire de la France, pays que mon père a combattu et que je respecte beaucoup pour sa haute culture.

    • Aissa n Vgayet
      March 3, 2017 at 08:38

      Votre attachement morbide et suicidaire à cette Algérie officielle arabo-intégriste m’inquiète et me révolte.La Kabylie n’est pas un ghetto, cessez de déformer les propos de Mammeri. La Kabylie est une nation et les kabyles un peuple à part entière.Celui qui le dit contraire, je luis dis en kabyle: Ad tenger yemma-k ! Les kabyles ne décident de rien en Kabylie, tout est hyper-centralisé à Alger.Même pour baptiser un édifice public il faut l’autorisation de nos maîtres d’Alger.C’est une relation de type coloniale que les kabyles ressentent mais refoulent.
      L’une des tâches essentielles du futur Etat kabyle que vous combattez, par inconscience ou irresponsabilité, (aygher ?) est effectivement la dés-arabisation et la dé-salafisation de la société kabyle, sans quoi aucun progrès n’est possible pour la société kabyle.C’est un chantier urgent qu’il faut mener avec pédagogie et sérénité.La politique ethnocidaire de l’Algérie post-coloniale est un crime impardonnable.Le futur Etat kabyle doit absolument exiger la reconnaissance du génocide identitaire,linguistique qu’a subit le peuple kabyle depuis 1962.Et nous sommes en droit de réclamer un coefficient de réparation de 55 ans de sabotage de la langue kabyle qui n’a reçu aucun centime depuis indépendance de l’Algérie.Ce que l’enseignement de l’arabe a reçu en budget depuis 1962,l’Etat algérien doit compenser l’État kabyle des sommes colossales que la langue kabyle n’a pas eu par une politique ségrégationniste et anti-amazigh.”La Kabylie est le cœur de l’Algérie” Vous divaguez camarade Chabane ! Si c’est le cas pourquoi les algériens sont restés de marbre,indifférents ou hostiles lorsque plus de 123 kabyles ont été assassinés par les gendarmes de votre Algérie en 2001? Pourquoi les algériens n’ont pas adhéré aux revendications pourtant “nationales” du mouvement citoyen de Kabylie en 2001??? Aygher ? Acimi ? Iwacu ?
      Ssi Chabane nous conseille de nous résigner et nous fondre dans l’Algérie arabo-islamique.Il nous demande de rester sous le joug arabe pour ne pas “déchirer” l’Algérie.Bref l’unité de l’Algérie sur le dos du peuple kabyle, dont il doute même de l’existence, suprême insulte à l’un des peuples les plus homogènes du bassin méditerranéen !
      C’est ce que l’on appelle la honte de soi, l’auto-flagellation pour plaire aux maîtres d’Alger.Heureux que les kabyles de votre de trempe sont de moins en moins nombreux et ceci grâce au travail de conscientisation du mouvement de libération nationale de la Kabylie ,le MAK/GPK. N’en déplaise aux kabylo-assimilationnistes, il n y aura pas de retour en arrière: c’est soi la liberté pour la Kabylie ou notre disparition à terme en tant qu’entité kabyle.Le concept d’une Kabylie algérienne est définitivement révolu.L’idée d’un Etat kabyle libre est semée et les combats d’arrière-garde ne pourront jamais stopper la lutte d’un peuple pour sa liberté.
      TURA TEZRAÂ, AD-TEMGHI !

      • Aissa n Vgayet
        March 3, 2017 at 09:27

        Erratum :Palestine 6.000 KM2.

        • Asalu
          March 16, 2017 at 12:35

          Ait Menguellat dans son poème-chanté “Ay Aqbayli” que vous avez oublié de citer camarade Chabane.
          « Yeğğa-yas-d baba-s cci
          Ur yeẓri d acu yesεa

          Yebγa ad yeḥkem fell-i

          Ma ad as-neqbel annect-a

          Awal-is ur yettεeddi

          Nettṛuẓu leεmer nekna

          Ay Aqbayli ireffden aberrani
          Ay Aqbayli yettağğan gma-s yeγli.

          Neγ
          Amek baba-s d ameksa
          Ass-a d netta ad iyi-ḥekmen

          Mi yekker zzher-is yeγra

          Ass-a yerfed-d s wallen

          Dγa awal-is ma iεedda

          Cclaγem-agi ar d ttwikksen

          Ay Aqbayli ireffden aberrani
          Ay Aqbayli yettağğan gma-s yeγli

          Ad as-d-yessegri:
          Sennig-neγ ḥedd ur yelli
          La ntettu i diri-yaγ

          Igenni-nneγ a d-yefk itri

          Ad t-id-nerr d aεdaw fell-aγ

          Mi iruḥ kan a d-yeflali

          Ad nekker yid-s ad nennaγ

          Ay Aqbayli ireffden aberrani
          Ay Aqbayli yettağğan gma-s yeγli »
          Chanter la kabylité et s’opposer à la liberté du peuple kabyle est d’une incohérence totale. Lounis est un drôle de coco ! Faites ce je dis mais pas ce que je chante !

          • Kadi
            March 17, 2017 at 07:01

            Lounis un drôle de coco .honte pour toi .Il faut qu’il range parmi les séparatistes ,sinon vous le traitez de trahison ,d’allié du pouvoir ,et de je ne sais quoi .Ça donne une idée d’une Kabylie indépendante que vous voulez avoir ,si ça arriverait(malheureusement pour vous :ce sera une utopie ) ,vous feriez pire que le parti unique avant 1988 ou le clan d’oujda en 1962.Celui qui ne range pas avec vous ,il est éliminé.Mais la je peux vous rassurer ,vous n’arriverez jamais .Calomnier ,insulter,dites ce que vous voulez Ait Menguelat restera un symbole ,un monument connu a travers le monde ,pas comme vous ,en insultant derrière un pseudo.

    • AQVAYLI ILELLI
      March 3, 2017 at 09:19

      Tanemmirt Lefennec. Je partage ton avis et je voudrais à ajouter qu’Israël seule démocratie du Moyen Orient,n’est pas responsable de la politique d’arabisation des kabyles. Israël n’est pas responsable de assassinat de 123 kabyles en 2001 par les les gendarmes de l’Algérie. L’huile d’olive dont vous vous moquez est plus chère que le baril de pétrole dont l’Algérie indépendante dépend à 98%. La Kabylie a vécu durant des siècles avec l’auto-suffisance alimentaire,c’est l’Algérie indépendante (et la France coloniale aussi) qui a brisé et détruit l’économie kabyle et algérienne en recourant au pétrole don de la nature avec lequel on a consolidé la dictature en place en achetant les consciences. L’Algérie est mûre pour l’effondrement,tous les analystes sérieux le disent.D’autres Etats plus grands et plus solides ont fait pschitt. Exemple:L’URSS, la Yougoslavie,le Soudan…L’Etat algérien est en sursis,ils suffit d’une étincelle,car tous les ingrédients sont réunis et les clignotants virent au rouge.
      Sauve qui peut la Kabylie !

    • Arezqi Wemrij
      March 3, 2017 at 11:39

      Comment peut-on qualifier un kabyle qui vous dit, toute honte bue, qu’il n’existe pas de peuple kabyle ?
      Un aliéné,un égaré,un renégat ? Qu’est-ce qui pousse des kabyles à adopter une telle attitude suicidaire ?
      La peur des représailles de l’Etat arabo-algérien ? L’aliénation profonde au dogme d’une Algérie une et indivisible ?
      En quoi le projet du Polisario est juste et légitime et pas le projet kabyle pour une population dix fois supérieure et dont l’identité est différente de celle de l’Algérie contrairement au Polisario qui se dit arabe et dont la langue est l’arabe artificiel ?
      Inna-yas Ccix Mûhend Ulhûsin: “Imezwura ivan-asen, ineggura ivan-asen, âhlil ay ilemmasen !”
      On peut dire que le MAK a déjà gagné en réussissant (avec presque rien sinon la conviction) à imposer le débat sur le destin de la nation kabyle.Aujourd’hui la question tourne autour de deux propositions:l’autonomie la plus large ou l’indépendance.Le statu quo est intenable et indéfendable.
      Nos aînés ne se sont pas sacrifiés pour voir leurs enfants et petits enfants se faire arabisés en toute impunité par l’Algérie.La Kabylie n’est pas soluble dans l’Algérie arabe.La Kabylie n’est pas à vendre !
      Réveillez-vous a Ssi Chabane.

  2. Aissa n Vgayet
    March 3, 2017 at 09:00

    Aux kabyles aliénés,égarés et déboussolés qui refusent l’idée d’une Kabylie libre,Ferhat Mehenni a trouvé une explication magistrale et sage.Si des kabyles sont scotchés de façon suicidiare à l’Algérie ennemie de l’identité et de la langue kabyles,c’est “PARCE QU’IL N Y A PAS D’ÉTAT KABYLE !”.C’est l’une des principales explications au rejet par certains kabyles algérianistes de cette option qui effraie les partisans du statu quo qui n’imaginent pas d’autres conceptions de l’Etat que celle du jacobinisme copié/collé de la France,avec la démocratie,la liberté et l’Etat de droit en moins.

  3. Asalu
    March 3, 2017 at 10:51

    Dans votre long plaidoyer pour l’assujettissement éternel de la Kabylie à la régence d’Alger,vous citez abondamment Ait Menguellat,l’un des plus grands poètes-chanteurs kabyles.Mais LAM chante juste et parle faux.Il est en porte à faux entre ce qu’il chante,la kabylité,et ce qu’il dit en public, en refusant à la Kabylie de se libérer des ennemis de notre identité.Il n’est pas cohérent entre ce qu’il chante et ce qu’il dit. C’est un géant de la poésie kabyle mais un nain en politique. Dénoncer l’oppression des kabyles et vouloir rester sous la tutelle de l’oppresseur est une inanité,une insanité.

    • Kadi
      March 17, 2017 at 21:32

      Raisonnement absurde d’un un individu dont les neurones sont atteins d’une pauvreté criante . Dire que j’ai de la compassion envers toi ,franchement non .Car Que peut-on penser de quelqu’un qui n’a pas le courage de parler en son nom ,et de surcroît s’attaquant a une légende vivante ? Pas grand chose .Ait Menguelat ne fait pas de politique ,il l’a bien dit et répété a maintes fois ,il a sa conception de l’état algérien que vous les séparatistes n’acceptent pas. Mais s’il s’est rangé parmi vous ,je ne doute pas qu’on aurait vanté ses mérites .

  4. Tahar Mchiti
    March 3, 2017 at 13:14

    Les nationalistes kabyles de 1926 à 1954 ont tous adopté le modèle jacobin français,un pays ,un peuple ,une seule langue,un seul parti,une seule religion,un seul quotidien….Les kabyles d’aujourd’hui payent les erreurs stratégiques de leurs chefs qui ont sacrifiés les intérêts du peuple kabyle sur l’autel de l’Algérie arabo-islamique.
    Le RCD et le FFS malgré les échecs re-recommencés continuent dans cette voie sans issue qui fait d’eux aujourd’hui des coquilles vides.En tournant le dos au peuple kabyle,ils n’ont rien obtenu pour protéger la Kabylie et sont rejetés en Algérie.Si nos aînés se sont gourés avec une Algérie indivisible,les kabyles d’aujourd’hui n’ont-ils pas le droit d’évoluer et de changer de fusil d’épaule ? Est-ce que le mythe d’une Algérie une est sacré,intouchable ?Non M. Chabane les temps ont changé.La Kabylie s’appelle Tamurt n Leqvayel ,le pays des kabyles.Que le mot Qabail vienne de l’arabe ou du chinois ne change rien à la question de fond:l’existence d’un peuple menacé d’extinction par un Etat ethnocidaire sans foi ni loi. Votre argument est farfelu et ridicule,comme le titre de votre article que j’interprète comme suit:”Kabylie mon amour,mon bourreau pour toujours” Incohérent et contradictoire !

  5. Ali Uqeddur
    March 3, 2017 at 15:04

    Moi je préfère parler de langue kabyle que de langue amazigh qui n’existe pas et qui est une invention des berbéristes kabyles qui ne voulaient pas être taxés de séparatistes.Il n y a pas une langue amazigh mais des langues amazigh. Dire le contraire,c’est se mentir à soi-même ! Il n y a pas un peuple amazigh,mais des peuples amazigh. On voit où nous a conduit le berbérisme. A l’impasse totale.En nous cachant derrière le mythe d’une Algérie berbère,nous avons pris un chemin sans issue les yeux bandés.C’est le déni de la réalité.En refusant de nous assumer en tant que kabyles,nous n’avons rien gagné en contrepartie.
    “Tamazight” est officielle sur le papier,mais elle est facultative dans l’enseignement même en Kabylie !
    “Tamazight est aussi langue officielle” mais le pouvoir veut l’écrire en arabe !
    Pour l’achever définitivement.
    “Tamazight est aussi officielle” avec un chaîne de télé Tv4 muselée et au service de l’idéologie arabo-islamique.La salafisation des kabyles en langue kabyle.
    “Tamazight est aussi officielle” mais il n’ y a pas un seul quotidien d’information en langue kabyle alors qu’il ya plus de 140 titres en arabe et en français que personne ne lit mais qui sont financés à perte avec l’argent des contribuables au vu de leur docilité envers le régime tyrannique en place.

    • Anonymous
      April 20, 2017 at 15:31

      Apparemment, vous ignorez que l’arabe est classée en plusieurs dialectes selon les régions et habitants. Vous parlez la darijda en Arabie Saoudite ou Yémen, ils vont vous répondre en Anglais.

  6. Asalas
    March 5, 2017 at 10:02

    N’importe quel kabyle raisonnable et lucide peut démonter un à un les arguments fallacieux de votre pamphlet contre la Kabylie nation et société.Votre anti-séparatisme est une attitude suicidaire pour moi. Évoquer le mvt national algérien pour justifier le maintien de la Kabylie sous le joug arabo-islamique est quelque chose d’abject !
    Tous les kabyles étaient algérianistes avant 2001,même Ferhat Mhenni. Est-ce que les kabyles n’ont pas le droit d’évoluer et de faire un bilan critique d’une stratégie algérianiste sans issue qui nous a conduit à l’impasse totale.
    Comment faut-il faire pour stopper le rouleau compresseur de l’éradication de la personnalité kabyle.L’Algérie officielle ne reconnait ni le peuple kabyle,ni sa langue,ni sa culture…Etre algérien pour un kabyle c’est être COMPLICE inconsciemment,du génocide identitaire,linguistique que subit la nation kabyle.

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