La Kabylie pendant et après la guerre d’Algérie.

Abane Ramdane

Abderrahmane Mira

Houcine Ait Ahmed

Krim Belkacem

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pendant la guerre d’indépendance algérienne, l’organisation du FLN et de l’ALN crée pour la première fois un territoire administratif kabyle, la wilaya III. C’est que la région se trouve au cœur de la résistance au colonialisme français. C’est aussi, avec les Aurès, l’une des plus touchées par la répression, du fait de l’importance des maquis et de l’implication de ses habitants. Le FLN y recrute plusieurs de ses dirigeants historiques, parmi lesquels Abane Ramdane, Krim Belkacem et Hocine Aït Ahmed, ainsi que des chefs militaires comme le colonel Amirouche Aït Hamouda. C’est également en Kabylie que se tient en 1956 le congrès de la Soummam, le premier du FLN. Au plus fort des combats, les effectifs de l’ALN rassemblent en Kabylie 12 000 hommes qui disposent d’un fonds de 500 millions de francs algériens.

Bastion de l’ALN, la région est aussi le lieu de certaines des plus marquantes de ses victoires, comme la bataille de Bouzegza. Les tentatives d’infiltration menées par l’armée française sont souvent tenues en échec, voire parfois retournées contre elle comme dans le cas de la « Force K ou Operation l’Oiseau Bleu » de 1956, officiellement commando armé par l’armée française pour combattre le FLN et en réalité cellule de collecte d’armes et d’espionnage pour le compte de la wilaya III. Deux années plus tard, les services spéciaux français ripostent en lançant dans le maquis kabyle la « bleuite », vaste opération d’intoxication qui provoque des purges dévastatrices dans les rangs de la wilaya III, sous les ordres du colonel Amirouche.

Cependant la mobilisation de la région résiste à la répression des populations civiles (destruction des ressources agricoles, pillage, fouille et destruction de villages, déplacement de populations, création de zones interdites, etc.) comme à l’ampleur des moyens militaires déployés, notamment en 1959 lors de l’opération « Jumelles », dans le cadre du plan Challe. Après la mort d’Amirouche le 29 mars 1959 et sous l’impulsion de ses successeurs Abderrahmane Mira puis Mohand Oulhadj, la wilaya III se réorganise en éclatant ses grosses unités en formations plus petites et en rapatriant les moussblines (agents de liaison avec la population) dans les maquis. Après le plan Challe, les femmes prennent petit à petit un rôle accru : non soupçonnées par l’armée française, ce sont elles qui de plus en plus souvent assurent le renseignement et le rôle de police dans les villages. En 1961, l’ALN parvient à occuper plusieurs postes militaires français.

Depuis l’indépendance algérienne

Lors de l’indépendance de l’Algérie, les wilayas III (Kabylie) et IV (Algérois) s’opposent au Bureau politique du FLN rassemblé autour d’Ahmed Ben Bella, qui s’appuie sur les forces de l’armée des frontières commandée par Houari Boumédiène. Fin août 1962, des affrontements éclatent dans l’Algérois et aux frontières de la Kabylie, faisant officiellement 1 000 morts. Ben Bella prend le pouvoir mais ses relations avec la wilaya III restent tendues. En octobre 1962, il obtient de Mohand Oulhadj un accord autorisant le déploiement de l’ANP (Armée nationale populaire) sur le territoire de la wilaya et entraînant la dissolution de la plupart de ses unités. En 1964, Mohand Oulhadj remet à l’État algérien, contre récépissé, un trésor comprenant notamment 46 lingots d’or et plusieurs pièces d’or et d’argent, pour un montant avoisinant 4 millions de francs.

Sur le plan politique, la Kabylie est régulièrement le cadre de mouvements de contestation du régime d’Alger. Dès 1963, le FFS (Front des forces socialistes) emmené par Hocine Aït Ahmed et Yaha Abdelhafid met en cause l’autorité du parti unique. Jusqu’en 1965, l’ANP mène dans la région une répression qui fait plus de quatre cents morts.

Le drapeau berbère

Le drapeau berbère, symbole identitaire.

Ferhat Mehenni avec le drapeau Kabyle

En avril 1980, à la suite de l’interdiction d’une conférence de l’écrivain Mouloud Mammeri sur la poésie kabyle ancienne, émeutes et grèves éclatent à Tizi-Ouzou ; la Kabylie et les universités algéroises connaissent plusieurs mois de manifestations réclamant l’officialisation de la langue berbère : c’est le « Printemps berbère ». D’autres affrontements ont lieu à Tizi-Ouzou et Alger en 1984 et 1985. Accompagné en 1989 de la création d’un nouveau parti, le RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie) de Saïd Sadi, le réveil culturel s’intensifie en réaction au durcissement de l’arabisation que connaît l’Algérie dans les années 1990. En 1994-1995, l’année scolaire fait l’objet d’un boycott appelé « grève du cartable ». En juin et juillet 1998, la région s’embrase à nouveau après l’assassinat du chanteur Lounès Matoub et à l’occasion de l’entrée en vigueur d’une loi généralisant l’usage de la langue arabe dans tous les domaines.

En avril 2001, un jeune lycéen est tué dans une gendarmerie ; il s’ensuit de graves émeutes qui accentuent la rupture avec les autorités : c’est le « Printemps noir », au cours duquel l’intervention des services de l’État fait 123 morts et deux milliers de blessés, dont certains mutilés à vie. La révolte touche les régions kabylophones des wilayas de Bouira, Bordj Bou Arreridj, Sétif et Jijel, parties intégrantes de la wilaya III historique, mais restées jusque là relativement à l’écart du mouvement identitaire. Le gouvernement est conduit à négocier avec le Mouvement citoyen des Aarchs, mobilisé autour de la plateforme d’El Kseur : les revendications de celle-ci, qui se veulent un remède au « mal algérien » dans sa globalité (justice sociale, économie…), sont jugées par le gouvernement régionalistes et menaçantes pour l’unité et la cohésion nationales

Créé en juin 2001 par Ferhat Mehenni, le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) prône depuis 2011 l’autodétermination de la région.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Kabylie

4 comments for “La Kabylie pendant et après la guerre d’Algérie.

  1. kakou
    July 8, 2017 at 16:45

    D’abord les politiques à l’image de :

    – ABANE Ramdane considéré à l’époque des faits comme le meilleur stratège du FLN et un rassembleur hors pair. Son objectif était d’asseoir une Algérie démocratique et social mais aux contours idéologiques pas toujours clairs. En effet pourquoi s’est-il acharné contre les militants berbéristes qui militaient pour une Algérie Algérienne et dont le seul tort était de s’être opposés à l’idéologie dominante au sein du PPA qui était l’Arabo-islamisme. Bennai Ouali qui était un de ces militants berbéristes avait, via Ali Yahia Abdenour, transmis un message verbal à l’adressse de ABANE qui l’avait officiellement condamné à mort pour activité subversive. Ce message prémonitoire était le suivant: ” En creusant ma tombe, tu creuses la tienne”. La suite tout le monde la connait.

    – AIT AHMED Hocine c’est l’histoire d’un renard qui arrive à s’en sortir plus ou moins des situations difficiles et incongrues. On dit de lui que c’était le seul rescapé de la purge opérée contre les militants berbéristes après 1949.
    Après s’être retrouvé isolé, ses frères “Arabes ou Arabophones” l’avait démis de ses fonctions de chef de l’OS par méfiance et Dda L’ho, comme un chat qui finit toujours par retomber sur ses pattes, se retrouve en mission au Caire où on se demande à quoi cette ville a pu servir la cause Algérienne. Après l’indépendance et l’échec cuisant de l’épisode du maquis du FFS il s’est barrer à l’étranger où il s’est opposé mollement au pouvoir d’Alger à tel point qu’il était pratiquement le seul opposant à avoir échappé à un assassinat. Quant à son apport à la Kabylie, il revient à tout Kabyle interessé d’en évaluer la portée.

    Ensuite les militaires,
    – A commencer par Krim Belkacem qui faisait partie de la bande des 03 B dont les deux autres (Boussouf et Bentobbal) originaires du Constantinois qui ont fini par se léguer contre lui au moment voulu, c.à dire quand il s’agissait de se partager le pouvoir. Krim à un moment donné durant cette période avait normalement raté l’occasion de sa vie et de sa carrière en déclinant l’offre de Abane de faire équipe avec lui. Ces deux leaders Kabyles réunis auraient été un duo de choc et l’Algérie aurait certainement connu un meilleur sort que celui actuel. Krim comme tout Kabyle qui se respecte a préféré faire équipe avec ses futurs bourreaux et a fini comme ABANE étranglé en exil.

    – Le Colonel Moh ou El-Hadj dit Amghar, était, certes, un brave type, correct et bienveillant à l’égard de ses semblables mais a néanmoins commis la fatale erreur de permettre à l’armée des frontières de se déployer en Kabylie, d’avoir dissous ce qui restait comme unités de la W.3 et d’avoir remis le trésor de guerre de la région de Kabylie à BENBELLA. C’est vrai qu’il est facile de juger avec du recul, seulement il n’est pas permis pour quelqu’un ayant son statut de commettre ce genre de bévue tout en sachant les intentions de l’Armée des frontières. A ce jour non seulement la Kabylie mais aussi toute l’Algérie continuent de subir les conséquences néfastes de ce lâchage qui ne dit pas son nom.

    – MIRA Abderrahmane, était un brave combattant et un baroudeur aguerri à l’instar de plusieurs de ses compagnons qui, s’ils savaient se battre sur le front cela ne les autorisait pas à se mêler de la politique qui n’était pas dans leur champs de compétence. A ce titre, ABANE avait raison de faire prévaloir la primauté du civil sur le militaire. En conclusion de tout cela quel gâchi et quel dommage.

  2. Kaci
    July 18, 2017 at 18:33

    En contre partie Le “colonel Mohand OulHadj” a recuy le cafe du Port Said comme cadeau; le commnadant Ouamarane, la pompe a essence du champ de maneouvres a Alger, le … dois je continuer ? Tous des traitres!!!

  3. Imezzayen
    July 19, 2017 at 08:01

    Nous ayons aujourd’hui les erreurs stratégiques des chefs politiques kabyles de l’ENA au FLN qui ont sacrifié les intérêts supérieurs de la Kabylie au profit de l’Algérie arabo-islamique une et indivisible,sur le dos du peuple kabyle.Les chefs politiques kabyles étaient bien naïfs de croire à une Algérie laïque et démocratique sous la chape de l’arabo-islamisme qui “est le tombeau de la démocratie”.Quand on voit comment a été traité le mystérieux PPK (Parti du Peuple Kabyle) qui a été descendu en flèches par tous les courants kabyles,on comprend pourquoi nous avons réussi l’échec.Ce PPK aurait pu être le catalyseur des forces politiques kabyles et un bouclier solide contre la dépersonnalisation criminelle des kabyles.En diabolisant l’éphémère PPK ,les chefs kabyles se sont fait hara-kiri !

    • Imezzayen
      July 19, 2017 at 08:03

      Pan sur le bec:il faut lire “Nous payons…”

Leave a Reply

Your email address will not be published.